Haut de la page

Commentaire financier du jour

Canada

La Banque Royale du Canada a chuté plus que jamais en près de deux mois après la publication de résultats trimestriels qui n'ont pas ravi les analystes. Les actions du prêteur avaient reculé de 1,8 pour cent à 99,33 $ à 11 h 34 à Toronto, soit la plus forte baisse en cours de séance depuis le 22 mars et la plus mauvaise performance de l'indice S&P/TSX de huit banques commerciales. Le deuxième prêteur du Canada par l'actif a indiqué que le bénéfice net pour la période terminée le 30 avril a augmenté de 9 pour cent depuis un an, à 3,06 milliards $. Le bénéfice ajusté, qui exclut des éléments tels que le coût d'intégration de City National, s'est élevé à 2,10 $ par action, dépassant l'estimation moyenne de 2,05 $ de 14 analystes interrogés par Bloomberg. « Après examen des détails, le résultat n'est pas aussi bon que le laisse penser le chiffre d'ensemble qui a dépassé les prévisions », a dit John Aiken, analyste de Barclays Plc dans une note aux clients. Les résultats étaient dus à des provisions pour pertes sur créances meilleures que prévu, à l'amélioration des résultats dans la branche grande entreprise et à un coup de pouce du secteur des assurances plutôt qu'aux activités de base, selon M. Aiken.

Le gestionnaire de placements Partners Group est le chef de file d'un consortium d'investisseurs pour l'acquisition de Techem GmbH dans une transaction qui valorise l'entreprise de comptage intelligent de l'eau et de l'énergie allemande à environ 4,6 milliards € (5,4 milliards $US), dette incluse. Partners Group sera associé à la Caisse de dépôt et placement du Québec et au Régime de retraite des enseignantes et enseignants de l'Ontario auxquels se joindra la direction de Techem, selon un communiqué paru vendredi. Ils rachètent l'entreprise au Macquarie European Infrastructure Fund 2, qui l'avait acquise en 2008. La transaction doit être close au troisième trimestre.

États-Unis

Alors que la meilleure reprise du dollar américain depuis 2016 marque une pause en attendant de nouveaux catalyseurs, des statistiques clés des États-Unis attendues ces prochains jours seront cruciales. L'indicateur de l'inflation préféré de la Réserve fédérale américaine, les statistiques de l'emploi de mai, la croissance au premier trimestre et les dépenses personnelles figurent parmi les chiffres qui doivent paraître la semaine prochaine. S'ils soutiennent les prévisions de trois nouvelles augmentations des taux d'intérêt cette année, le dollar pourrait poursuivre son appréciation à des niveaux qui forceraient les analystes pessimistes, les bears, à jeter l'éponge sur une base technique. L'indice du dollar a monté de plus de 4 pour cent en avril et mai et est en passe d'enregistrer sa meilleure séquence sur deux mois depuis novembre 2016. Mais il est resté bloqué après avoir atteint un sommet inégalé depuis cinq mois mercredi avant un repli de Fibonacci quand l'excédent de positions courtes a motivé une correction. Les analystes pessimistes pour le dollar américain ont quelques arguments à l'appui de leurs positions courtes : le double déficit n'a pas changé, les rendements des obligations du Trésor battent déjà en retraite, les tensions commerciales sont réapparues et le président américain Donald Trump peut toujours surprendre négativement les marchés.

Europe

Les partis populistes d'Italie ont remis les banques du pays sous les feux de la rampe, ravivant les craintes des investisseurs avec des propositions qui pourraient annuler des années d'efforts pour renforcer les bilans. Après que le gouvernement sortant a favorisé une reprise du secteur – testant les limites des règles de l'UE qui régissent l'aide des États –, le Mouvement 5 étoiles et la Ligue ont publié un plan de gouvernement de coalition qui comprend une révision de la politique budgétaire, des règles de recapitalisation interne et des accords de Bâle sur les banques. Analystes et investisseurs s'inquiètent de voir ces mesures ralentir la réduction des mauvaises créances et nuire aux valorisations des banques.

Les dépenses de consommation ont perdu de leur élan au Royaume-Uni au premier trimestre et les sociétés ont réduit les investissements après les intempéries qui ont affligé le pays. Les dépenses des ménages ont augmenté de 0,2 pour cent à peine, la plus faible performance en plus de trois ans, et les investissements des entreprises ont diminué de 0,2 pour cent, les tempêtes de neige ayant empêché les consommateurs de sortir et freiné les chantiers de construction. La croissance économique est restée inchangée à 0,1 pour cent, d'après les chiffres parus vendredi, et l'Office for National Statistics a continué de maintenir que les intempéries ont eu peu d'effet sur le trimestre dans son ensemble. Cependant, l'évaluation a été remise en question cette semaine par le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mark Carney. La BdA s'est gardée de hausser les taux d'intérêt ce mois-ci, laissant les économistes et les investisseurs se demander si les grands argentiers vont maintenant choisir de hausser les taux en août.

Asie

L'économie de Taiwan, reconnue pour dépendre des exportations, a ralenti après avoir culminé à la fin de l'année dernière, alors qu'elle connaissait sa progression la plus forte depuis près de trois ans. Cette expansion s'est limitée à 3,02 pour cent au premier trimestre, selon les données révisées qui ont été publiées ce vendredi par le bureau de la statistique à Taipei, ce qui est conforme au chiffre préliminaire, qui était de 3,04 pour cent, et à l'estimation des économistes interrogés par Bloomberg, qui était de 3 pour cent. Au quatrième trimestre, la croissance avait été de 3,28 pour cent, la plus robuste depuis le début de 2015. Le gouvernement a porté ses prévisions pour l'année 2018 de 2,42 pour cent à 2,6 pour cent étant donné la forte croissance de la demande intérieure. « L'économie taiwanaise avait l'habitude de déprendre de la demande extérieure, a déclaré Chu Tzer ming, responsable de l'agence officielle de la statistique, aux journalistes après la publication des données. La demande intérieure, qui comprend les dépenses des consommateurs et les investissements, est à la hausse cette année. C'est la principale raison pour laquelle nous avons relevé nos prévisions. »

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.