Haut de la page

Commentaire financier du jour

Canada

Les porteurs d'obligations doutent de plus en plus que le cycle de resserrement de la politique monétaire de la Banque du Canada finisse par suivre le rythme de la Réserve fédérale américaine. La BdC prévoit que son taux neutre – le niveau auquel la politique monétaire n'est ni restrictive ni trop stimulante pour l'économie – se situera à 3 pour cent, donc au-dessus de la projection à long terme de la Fed de 2,875 pour cent. Mais les participants du marché n'y croient plus, poussant les attentes en matière de taux terminal pour le Canada bien en dessous de celui des États-Unis, avec le plus grand écart en 10 mois. Certaines sociétés, dont la Banque Toronto-Dominion et Placements CI Inc., disent que la tendance ne fait que commencer. Alors que la BdC et la Fed haussent toutes deux leurs taux, les États-Unis disposent de nettement plus de marge pour resserrer leur politique étant donné les récentes mesures de stimulation budgétaires et le contexte de déréglementation qui devraient accentuer la croissance, du moins à court terme. Par ailleurs, le Canada doit faire face à un endettement élevé des ménages dont le gouverneur de la banque centrale, Stephen Poloz, pense qu'il persistera pendant des années, laissant l'économie plus exposée en cas d'augmentation des taux d'intérêt.

États-Unis

Berkshire Hathaway Inc. a acheté 75 millions d'actions d'Apple Inc. de plus, renforçant sa participation dans le fabricant de l'iPhone et soutenant sa capacité de produire un bénéfice, selon un reportage de CNBC, qui citait le président du Conseil, Warren Buffett. L'achat s'ajoute aux quelque 170 millions d'actions que Berkshire Hathaway détenait déjà et qui fait de cette société le troisième investisseur d'Apple, à la place de State Street Corp., selon des données compilées par Bloomberg. La société de Cupertino, en Californie, représentait déjà la plus forte position en actions détenue par Warren Buffett, dont l'annonce suit de quelques jours la publication des résultats trimestriels d'Apple, marqués par un chiffre d'affaires et un bénéfice supérieurs aux estimations des analystes grâce à l'essor des services alors que les revenus ont augmenté le plus vite en plus de deux ans. Ces résultats ont aidé à mettre fin à un dérapage des actions d'Apple dû aux inquiétudes suscitées par les difficultés de son modèle vedette l'iPhone X à séduire les consommateurs.

Europe

Les actions britanniques ont monté jeudi alors que les statistiques révélaient un ralentissement de la croissance de la fabrication au niveau le plus bas en 17 mois, faisant chuter la livre sterling et renforçant les résultats des sociétés qui réalisent leurs revenus en dollars américains. Les données étaient les plus récentes dans une série d'indicateurs économiques faibles, si bien qu'il est moins probable que la Banque d'Angleterre augmente les taux d'intérêt à sa réunion de la semaine prochaine. Les marchés entrevoient maintenant une probabilité de 16 pour cent que les taux augmentent ce mois, contre 90 pour cent au début d'avril. L'indice FTSE 100 a terminé la première séance de mai en hausse de 0,2 pour cent à 7 520,36 points. La grande société pétrolière, BP, a progressé le plus, gagnant 1,3 pour cent après l'annonce d'un bond de 71 pour cent du bénéfice au premier trimestre. Le groupe de livraison de nourriture Just Eat a enregistré la plus forte hausse, gagnant 4,1 pour cent après la publication du chiffre d'affaires du premier trimestre. Les analystes de Liberum avaient dit que les mises à jour des opérations indiquaient que les ventes annuelles de Just Eat dépasseraient probablement les attentes.

Asie

La moyenne Nikkei des actions japonaises a dérapé mercredi les investisseurs se montrant prudents avant la décision de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine et la publication des statistiques de l'emploi aux États-Unis aujourd'hui, bien que la hausse de l'USD par rapport au yen et le sentiment positif à l'égard des titres technologiques aient aidé à freiner la baisse. L'indice Nikkei a terminé la journée en baisse de 0,16 pour cent à 22 472,78 et l'indice Topix plus large a cédé 0,15 pour cent à 1 771,52. Les marchés japonais sont fermés jeudi et vendredi, jours fériés, ce qui laissait la journée de mercredi comme dernière occasion de dénouer certaines positions avant la décision de la Fed. Les constructeurs automobiles ont chuté après plusieurs annonces de ventes de véhicules neufs plus faibles aux États-Unis en avril, alors que la demande des consommateurs dans la plus grande économie du monde continue de fléchir. Toyota Motor Corp., qui a enregistré une baisse de 4,7 pour cent de ses ventes aux États-Unis en avril, a perdu 0,4 pour cent. Nissan Motor Co. a cédé 2 pour cent après une chute de 28 pour cent de ses ventes aux États-Unis en avril et Honda Motor Co. a reculé de 2,3 pour cent après une baisse de ses ventes outre-frontière de 9,2 pour cent au cours du même mois.

L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.