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Commentaire financier du jour

Canada

Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, a dit qu'il s'attend à ce que les niveaux élevés de la dette des ménages persistent pendant des années, ce qui rend l'économie plus sensible que jamais à toute augmentation des taux d'intérêt. Dans une allocution, mardi, sur les plans de la banque centrale pour intégrer les importants niveaux d'endettement des ménages dans les délibérations futures sur les hausses des taux d'intérêt, M. Poloz a dit qu'il doit s'inquiéter de la dette à cause de sa « taille même » et qu'il suivra de près l'effet d'une augmentation des coûts d'emprunt sur les ménages les plus vulnérables. La Banque du Canada a haussé les taux d'intérêt trois fois depuis juillet, et M. Poloz a réitéré que les taux sont appelés à continuer de monter puisque l'économie tourne pratiquement au maximum de son potentiel. Le rythme des hausses futures sera, cependant, déterminé par un certain nombre de facteurs, dont les questions entourant la politique commerciale des États-Unis, et la capacité du Canada de faire face à un loyer de l'argent plus élevé. La Banque a « focalisé son attention sur la vulnérabilité du système financier canadien associée à un endettement élevé », a dit M. Poloz à Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest. « L'économie est indéniablement plus sensible qu'auparavant à l'augmentation des taux d'intérêt, et ce, à un moment où les taux d'intérêt au Canada comme ailleurs dans le monde sont à la hausse. »

Les actions canadiennes ont terminé la séance d'hier sur une légère augmentation après avoir passé le plus clair de la journée en repli, les gains du secteur des matériaux compensant une forte chute de Shopify Inc. L'indice composé S&P/TSX a monté de 11 points soit de 0,1 pour cent pour s'établir à 15 618,93. Detour Gold Corp. était en tête des titres gagnants, avec un bond de 9,5 pour cent après cinq séances de suite de reculs. Le secteur des matériaux a augmenté de 0,5 pour cent. Shopify a perdu 4,8 pour cent sous l'effet d'un fléchissement de ses paramètres de croissance. Les titres technologiques ont fait du surplace.

États-Unis

Les usines américaines constatent que le mieux et l'ennemi du bien : l'essor de la demande provoque des goulots d'étranglement dans l'ensemble du système et freine les affaires, voire l'économie plus large. La plus récente preuve en a été donnée mardi avec l'enquête de l'Institute for Supply Management sur la fabrication en avril, qui a révélé que, malgré des commandes robustes, la production a ralenti alors que les délais de livraison des fournisseurs se sont allongés, que les carnets de commandes ont gonflé, que les prix ont recommencé à augmenter et que l'embauche a ralenti. Ces problèmes sont exacerbés par les politiques, notamment l'imposition de droits de douane par l'administration Trump sur les importations de métaux et la réglementation du transport par camions qui a retardé les livraisons. Ensemble, ces facteurs pourraient freiner la fabrication, qui représente environ 12 pour cent de l'économie américaine, après que les fortes hausses de l'emploi et la croissance mondiale ont déclenché une vague d'optimisme et rempli les carnets de commandes au cours de l'année écoulée. Les contraintes – qui menacent les marges de profit – pourraient aussi émousser les effets des réductions d'impôts de 1 500 milliards $US accordées aux entreprises et aux particuliers, instaurées par le président Donald Trump en décembre et qui visaient en partie à accélérer encore plus l'investissement dans des usines.

Le prix du pétrole a frisé les 68 $US le baril alors que les négociateurs pondéraient l'augmentation des stocks américains avec la montée des anticipations de nouvelles sanctions contre l'Iran, frappant ses ventes de brut. Les contrats à terme à New York ont augmenté de 0,6 pour cent après une chute de 1,9 pour cent mardi. Les stocks américains de brut ont augmenté de 3,43 millions de barils la semaine dernière, selon un rapport de l'American Petroleum Institute. Ce chiffre est à comparer avec une hausse de 1,23 million barils d'après un sondage des analystes par Bloomberg en prévision de la publication des chiffres officiels. Le marché du pétrole mise sur une probabilité de plus de 50 pour cent que les États-Unis sanctionnent l'Iran, selon Standard Chartered Plc.

Les représentants de la Réserve fédérale américaine ont un problème délicat à résoudre à leur réunion de cette semaine : comment caractériser l'inflation qui vient de rebondir à la hauteur de leur cible de 2 pour cent longtemps si difficile à atteindre. Le comité de politique monétaire, le Federal Open Market Committee, devrait laisser les taux d'intérêt inchangés à l'issue de ses deux jours de réunion à Washington. La façon dont il décrira les pressions sur les prix déterminera les anticipations du rythme de ses hausses de taux futures. Un communiqué sur la politique monétaire est attendu à 14 h aujourd'hui. Les grands argentiers se rencontrent après la publication de données selon lesquelles leur indicateur préféré de l'inflation a grimpé à 2 pour cent en mars, après avoir manqué cet objectif pendant le plus clair des six dernières années. Si le communiqué du FOMC cite la hausse des prix et la poursuite d'une croissance économique modérée, il renforcera probablement les attentes d'une hausse des taux d'intérêt en juin. Les investisseurs s'attendent à deux ou trois tours de vis de plus cette année.

Europe

Les perspectives d'un Brexit sans accord redeviennent bien réelles. Le négociateur en chef de l'Union européenne, Michel Barnier, renforce sa rhétorique et les représentants s'inquiètent en privé d'un regain du risque d'un divorce dur, qui avait diminué à la fin de l'année dernière. Au moins deux fois, la semaine dernière, M. Barnier a averti publiquement que les négociations pourraient encore échouer, notamment dans une allocution devant des banquiers et des lobbyistes de la finance dans laquelle il a invité son auditoire à se préparer au pire. « Personne ne doit sous-estimer les risques d'un désaccord », a-t-il dit. Et en privé aussi, on a le sentiment que les deux accords préliminaires de décembre et de mars qui avaient rassuré deviennent caducs, et que la possibilité d'un divorce sans accord a réapparu, selon une personne qui participe aux négociations.

La Norvège a cessé de ponctionner dans son fonds souverain de 1 000 milliards $US après avoir subi le plus fort ralentissement de son industrie pétrolière depuis une génération. Les données révèlent que, pour la première fois depuis qu'il a commencé à puiser dans sa tirelire massive en 2016, le gouvernement s'est abstenu d'en retirer des fonds en février et en mars. Rien qu'en octobre, il avait estimé qu'il devrait prélever 72 milliards de couronnes (9 milliards $US) cette année pour combler des trous dans son budget. Les retraits ont vite arrêté avec la remontée des prix du pétrole au-delà des attentes, et la première ministre, Erna Solberg, se prépare à freiner la vague de dépenses record des quatre dernières années. Cela soulagera le fonds qui a eu du mal à maintenir ses rendements avec des taux d'intérêt à un plancher record, lui assurant plus de ressources alors qu'il augmente ses positions en actions et une plus grande latitude pour acquérir davantage de biens immobiliers.

Asie

La concurrence dans le secteur du dépôt à terme à Hong Kong, évalué à 292 milliards $US, s'intensifie depuis que la hausse du coût d'emprunt à court terme oblige les banques à chercher d'autres moyens de se financer. Les taux interbancaires ayant augmenté avant les hausses prévues des taux de la Réserve fédérale et une série de premiers appels publics à l'épargne, les prêteurs, de Standard Chartered Plc à Industrial & Commercial Bank of China (Asia) Ltd., ont porté les taux des dépôts à terme à plus de 2,2 pour cent dans certains cas. China Citic Bank International Ltd. sert désormais un taux pouvant atteindre 3 pour cent aux nouveaux épargnants qui transfèrent leurs fonds dans des dépôts à trois mois en dollars de Hong Kong.

La Chine a abaissé son taux de change quotidien au-delà de ce que les opérateurs et les analystes avaient prévu avant que les hauts dirigeants américains arrivent au pays pour discuter d'enjeux commerciaux. La Banque populaire de Chine a ramené son cours du change de référence à 6,3670 yuans pour un dollar américain, alors que l'estimation moyenne était de 6,3610 yuans dans l'enquête de Bloomberg menée auprès de 21 opérateurs et analystes. Cet écart, le plus important depuis le 7 février, est la suite d'un mouvement amorcé en avril lorsque le cours du change avait été plus faible que prévu une journée, selon les calculs de Bloomberg. « C'est une forte baisse du cours du change, a déclaré Ken Cheung, stratège en matière de devises chez Mizuho Bank Ltd. à Hong Kong. La Chine pourrait vouloir affaiblir le yuan de manière préventive avant le début des pourparlers avec les États Unis, afin de disposer d'une latitude pour renforcer sa monnaie, s'il le faut », a précisé M. Cheung, en ajoutant que les dirigeants pourraient aussi souhaiter stopper la montée du yuan par rapport à un panier de devises.

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L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille

Michel Doucet

Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.

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