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Commentaire financier du jour

Canada

Les opérateurs baissiers, les Bears, qui se gavent sur le marché des obligations du Canada, sont peut-être devenus un peu trop gourmands. Les rendements des titres d'État de deux et de cinq ans ont atteint un point culminant depuis 2011, ayant bondi de 120 points de base depuis juin. Cela fait écho à une hausse des obligations du Trésor américain de 10 ans qui ont dépassé la barrière des 3 pour cent pour la première fois depuis 2014 cette semaine. Mais, le Canada ce n'est pas les États-Unis, où la croissance économique devrait être plus forte cette année grâce aux réductions d'impôts des sociétés et à l'augmentation des dépenses publiques. Au Canada, la croissance devrait nettement ralentir par rapport à 2017 et cela pourrait pousser les investisseurs à réévaluer leurs opinions sur les hausses des taux d'intérêt dans la dixième économie du monde, selon Gestion de placements Sun Life et la Banque Toronto-Dominion. « Avec des prévisions de croissance d'environ 2 percent, il y a certainement une possibilité que les rendements diminuent » plus tard cette année, a dit Randall Malcolm, chef du secteur revenu fixe de Gestion de placements Sun Life à Toronto, qui gère 37 milliards $ d'actifs des marchés monétaire et obligataire. Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, a maintenu le taux de financement à un jour à 1,25 pour cent la semaine dernière après trois hausses antérieures et se montre peu pressé de l'augmenter davantage. L'inflation a peut-être grimpé au-delà du milieu de la fourchette cible de la banque centrale, mais il considère que c'est temporaire et réitère que la cible est une fourchette de taux.

États-Unis

Après des mois de tourmente et de passage sous la loupe des législateurs, au cours desquels la société a pris un ton contrit au sujet de ses lacunes dans la protection des données, les cadres supérieurs de la société devaient rassurer les investisseurs au sujet de la popularité de Facebook et de la puissance de son moteur publicitaire. Les chiffres ont parlé. Les ventes trimestrielles ont augmenté à près de 12 milliards $US, et la croissance mensuelle du nombre d'utilisateurs a dépassé les estimations. Facebook dit avoir maintenant 1,45 milliard d'utilisateurs quotidiens, ce qui correspond à l'indicateur clé d'utilisation. Les actions ont bondi de plus de 5 pour cent après la clôture. Le principal réseau social de la société a acquis des utilisateurs en Amérique du Nord, inversant le recul qui s'était produit pour la première fois de son histoire au quatrième trimestre. Le nombre d'utilisateurs actifs sur un mois aux États-Unis et au Canada a augmenté à 241 millions, alors que celui des utilisateurs actifs par jour a grimpé à 185 millions au premier trimestre. Le bénéfice net du premier trimestre a bondi de 63 pour cent à 4,99 milliards $US, soit 1,69 $US par action, dépassant la prévision des analystes de 1,35 $US par action. Les dépenses en immobilisations ont atteint 2,81 milliards $US au cours du trimestre où la société de Menlo Park, en Californie, augmente ses investissements dans la sécurité, le contenu vidéo et de nouvelles technologies. Facebook a aussi annoncé une augmentation de son programme de rachat d'actions de 9 milliards $US. Ses actions étaient en hausse de 6,3 pour cent à 169,83 $US 5 h 25 avant l'ouverture des marchés à New York aujourd'hui. L'action avait chuté de 14 pour cent depuis la publication d'informations sur le détournement de renseignements personnels en mars.

Les grands argentiers de la Réserve fédérale semblent viser des objectifs contradictoires. En présentant des projets d'assouplissement de certaines contraintes imposées aux banques après la crise financière, la Fed s'engage à libérer des dizaines de milliards de dollars que les institutions financières pourront prêter pour promouvoir une accélération de la croissance économique. En même temps, elle réduit son bilan et augmente graduellement les taux d'intérêt pour limiter l'expansion du crédit et garder la maîtrise de l'économie. En dévoilant le 11 avril un projet de réduction des limites imposées aux banques de Wall Street, la Fed et l'Office of the Comptroller of the Currency ont dit que la mesure pourrait réduire les réserves de fonds propres que les prêteurs doivent conserver dans leurs principales filiales de 121 milliards $US. Cette mesure donnerait aux banques plus de souplesse pour accorder du crédit.

Europe

Deutsche Bank AG abandonne ses ambitions d'être une des premières sociétés de valeurs mobilières au monde en se lançant dans ce qui pourrait être la plus importante refonte de sa banque d'investissement qui bat de l'aile. Le plus grand prêteur d'Allemagne réduira ses activités de vente et de négociation d'obligations d'État américaines, comprimera ses activités de financement des entreprises aux États-Unis et en Asie et reverra son secteur des actions mondiales dans le but d'en rajuster la taille à la baisse, selon un communiqué de la banque paru aujourd'hui. Ces mesures conduiront à une « importante réduction » de l'effectif de 97 130 personnes cette année, a dit la Deutsche Bank.

Le nouveau PDG de Volkswagen AG a souligné son engagement à augmenter les marges de bénéfice alors qu'il s'efforce d'adapter le plus grand constructeur automobile au monde à l'évolution de l'industrie qui s'accélère. VW a nommé Herbert Diess à ce poste plus tôt ce mois dans ce qui représente le plus important remaniement de la direction depuis le scandale du truquage des moteurs diesel en 2015. M. Diess s'est engagé à accélérer la prise de décisions tout en composant avec l'évolution sismique du secteur vers les voilures électriques et les services numériques qui risque de miner le modèle économique classique. Les actions ont augmenté de 4,4 pour cent, soutenues par une diminution des déboursés reliés à l'affaire des moteurs diesel et un reportage de Bloomberg News selon lequel la Chine envisage de réduire les droits de douane à l'importation de véhicules de tourisme, ce qui aidera les marques de VW, dont Porsche et Audi. L'action était en hausse de 2,7 pour cent à 171,52 € à 10 h 28 à Francfort.

Asie

La Chine étudie la possibilité de réduire de moitié environ les droits de douane sur les voitures de tourisme, selon des personnes possédant des informations de première main, une décision qui vise à relancer surtout les ventes des constructeurs voitures de luxe comme BMW AG et la branche Lexus de Toyota Motor Corp. Le conseil d'État, c'est-à-dire le cabinet du gouvernement chinois, évalue des propositions visant à ramener entre 10 % et 15 % les droits sur les voitures importées, ont déclaré ces personnes, qui ont demandé de conserver l'anonymat, ces informations n'étant pas publiques. Le taux actuel est de 25 %. Une annonce à ce sujet pourrait être faite le mois prochain, ont-elles ajouté.

Nippon Steel & Sumitomo Metal Corp., la principale aciérie du Japon, dont le bénéfice d'exploitation est en deçà des prévisions de janvier à mars cette année, a vu le cours de son action accuser sa plus forte baisse mensuelle à Tokyo. Le bénéfice d'exploitation s'est chiffré à 182,4 milliards de yens (1,7 milliard $SU), alors que les analystes avaient tablé sur des profits de 215,5 milliards de yens, apprend-on dans un communiqué de la société. Le résultat est néanmoins en hausse de 60 % cette année et le plus élevé depuis 2015, par suite de la montée des cours de l'acier et de la baisse des expéditions de la Chine. L'action a clôturé en repli de 2,7 %. Le bénéfice net (195,1 milliards de yens) est légèrement supérieur aux prévisions (191 milliards de yens) et en hausse de 49 % par rapport aux douze derniers mois. C'est aussi le bénéfice net le plus élevé depuis 2015. Les ventes ont progressé de 22 % pour atteindre 5 700 milliards de yens. Les aciéries ont dans l'ensemble connu un boom après que les exportations chinoises eurent été les plus faibles depuis cinq ans et que le cours de l'acier eut frôlé le niveau record atteint en 2012. Parallèlement, la décision des États-Unis de frapper les importations d'acier d'une hausse des droits de douane de 25 % et les tensions commerciales latentes entre les États-Unis et la Chine pèsent sur les perspectives des marchés.

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L'auteur

Michel Doucet

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille

Michel Doucet

Après l’obtention de son baccalauréat de la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Québec à Montréal, et de sa scolarité de deuxième cycle, Michel Doucet débute sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il joint l’équipe du groupe institutionnel – actions et revenu fixe – de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d’économiste, analyste de marché. Au cours des années, il mène divers projets touchant à l’économie internationale, nord-américaine et aux finances publiques canadiennes. En 1996, l’équipe d’économistes institutionnels dont il fait partie, est classée première au pays par Brendan Wood International. En août 1997, monsieur Doucet entre au Service aux particuliers de Lévesque Beaubien Geoffrion où il occupe les fonctions d’économiste, analyste du marché à revenu fixe et vice-président. En 2004, il joint le secteur du plein exercice chez Valeurs mobilières Desjardins à titre de vice président. Il occupe les fonctions de stratège pour les titres à revenu fixe, d’économiste et de gestionnaire de portefeuille. Il gère la Direction Groupe conseil en portefeuille, Mise en marché du conseiller et Distribution de la planification financière et de l'assurance.

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