Commentaire financier du jour

Par Michel Doucet 14 novembre 2017

Canada

La hausse des prix du pétrole pourrait donner un répit aux adeptes du dollar canadien, qui sont sur la défensive depuis deux mois. Alors que le brut West Texas Intermediate est monté au plus haut depuis 2015, certains indices pointent vers une réapparition du lien entre les prix du brut et le dollar canadien. Ce lien, qui s'était distendu alors que le brut se maintenait dans une fourchette de 45 $US à 55 $US le baril pendant le plus clair de la dernière année, pourrait se renforcer maintenant que le cours du brut grimpe vers les 60 $US, selon Mark McCormick, stratège à la Banque Toronto-Dominion. La relation pourrait aider à faire monter le CAD, le ramenant à 1,22 $CAN par USD d'ici la fin de l'année, ce qui ne s'était pas vu depuis septembre, alors qu'il se situe à environ 1,2730 $CAN maintenant, dit-il. « Je pense que nous commençons à assister au rétablissement du lien entre les monnaies influencées par les matières premières – en particulier le CAD – et les prix du pétrole, si ceux-ci passent de 55 $US à 60 $US, dit M. McCormick. Nos spécialistes des questions pétrolières pensent que l'an prochain le brut dépassera les 60 $US le baril. »

États-Unis

L'or pourrait être engagé sur une voie périlleuse maintenant que les banques centrales retirent le légendaire « bol à punch » de liquidités qui a fait monter les marchés boursiers à un niveau record. Alors que la reprise mondiale prend de la vitesse, la Réserve fédérale américaine réduit son bilan et hausse ses taux d'intérêt, alors que la Banque centrale européenne est sur le point de diminuer progressivement ses achats d'obligations. Ce scénario rend la situation des actifs qui ne portent pas intérêt, comme l'or, plus difficile, selon Troy Gayeski de SkyBridge Capital, qui gérait plus de 11 milliards $ à la fin du mois d'août. « Étant donné les perspectives de la Fed et, à un horizon plus éloigné, de la BCE, il semble très peu probable que l'or puisse prospérer dans ce contexte, dit M. Gayeski, gestionnaire de portefeuille principal. Nous sommes loin d'un puissant marché haussier de l'or. Cela dit, l'or pourrait déjà avoir atteint un plancher il y a plusieurs années et marquer un palier pendant de nombreuses années en attendant le prochain grand cycle de détente, qui se produira quand les risques de récession augmenteront nettement aux États-Unis. »

Europe

Les analystes sont plus optimistes que le gouvernement britannique sur la conclusion d'un accord avec l'Union européenne le mois prochain pour faire avancer les pourparlers du Brexit, même si les difficultés politiques de Theresa May continuent de plomber la livre sterling. Un sondage Bloomberg auprès de sept banques situe les probabilités d'un accord Royaume-Uni-Union européenne en décembre à 68 pour cent. C'est plus que ce que pense le secrétaire au Brexit, David Davis, qui situe les chances d'une percée d'ici décembre à 50-50, selon les dirigeants économiques européens qu'il a informés au cours d'une réunion lundi. Son porte-parole dément ce commentaire. Peter Kinsella de la Commonwealth Bank of Australia situe la probabilité d'une entente à 80 pour cent, soit le plus haut niveau du sondage, alors que l'estimation la plus faible est celle de Neil Jones, de Mizuho Bank Ltd., à 35 pour cent. La prévision la plus haussière pour la livre sterling est celle de Nomura International Plc, qui voit la devise monter de 7 pour cent à 1,40 $US d'ici la fin de l'année à la suite d'un accord, alors que la Commerzbank AG prévoit que la livre fléchira de 10 pour cent en l'absence d'un accord, ce qui est la position la plus pessimiste.

L'inflation du Royaume-Uni s'est maintenue à un sommet inégalé depuis 5 ans et demi en octobre, où la faiblesse des prix du carburant automobile a contrebalancé la hausse des coûts des aliments. Les prix à la consommation ont augmenté de 3 pour cent par rapport à un an plus tôt, selon un rapport de l'Office for National Statistics de mardi. Les économistes s'attendaient à ce que l'inflation accélère de 3,1 pour cent.

Asie

L'année a été difficile pour les investisseurs en obligations chinoises. Si les actions, les produits de base et l'immobilier ont affiché des rendements réguliers, la dette gouvernementale est en passe d'enregistrer sa plus mauvaise année depuis 2014, le rendement à 10 ans grimpant de près d'un point de pourcentage à plus de 4 pour cent. Une campagne de désendettement du gouvernement, l'accélération de l'inflation et les prévisions d'un resserrement de la politique monétaire à terme minent la motivation pour détenir des obligations, tout comme une stabilisation de l'économie et le renforcement de la devise qui renforce l'attrait des autres actifs chinois. La plus récente liquidation a eu lieu après que le gouverneur de la Banque populaire de Chine, Zhou Xiaochuan, a exprimé des inquiétudes au sujet des niveaux d'emprunt élevés et laissé entendre que la croissance économique dépasserait les attentes.

L'auteur

Michel Doucet
Michel Doucet
Vice-président et gestionnaire de portefeuille