Commentaire financier du jour

Par Michel Doucet 13 octobre 2017

Canada

Deux des plus importantes ventes d'obligations en dollars canadiens de cette année ont été déclenchées par une manifestation d'intérêt d'un investisseur, ce qui témoigne de l'importance croissante de la demande pour stimuler le marché local de la dette. Apple Inc. et Walt Disney Co. ont toutes deux placé des obligations feuille d'érable après une démarche d'un investisseur intéressé à acheter leurs titres, selon des personnes bien informées du sujet qui ont demandé à ne pas être identifiées parce qu'elles ne sont pas autorisées à en parler en public. Elles ont refusé d'identifier l'investisseur. Le montant d'obligations que celui-ci a proposé d'acheter était suffisamment élevé pour convaincre les entreprises qu'il existait une demande. Apple a fini par placer pour 2,5 milliards $CAN d'obligations en août, ce qui représentait la plus importante vente d'obligations non financières du Canada à ce jour, et Disney a vendu pour 1,25 milliard $CAN ce mois. Le total des émissions sur le marché des obligations étrangères en CAD de cette année atteint pratiquement 14 milliards $CAN, plus que jamais depuis 2007 et plus de trois fois la moyenne de 2008 à 2016.

États-Unis

Les autorités de réglementation américaines examinent si Guggenheim Partners a canalisé à tort de l'argent de clients dans les entreprises de Bob Diamond, selon deux personnes informées. L'enquête fait partie d'une inspection générale de Guggenheim par les avocats de la Securities and Exchange Commission à Los Angeles, selon ces informateurs. Guggenheim n'a pas été accusé de malversations et une inspection de la SEC ne conduit pas nécessairement à des sanctions. Rien n'indique que le gendarme de la bourse enquête sur la conduite de M. Diamond ou de ses sociétés. L'examen cherche à déterminer si les investissements de Guggenheim sont appropriés. Guggenheim est un actionnaire de l'entreprise bancaire de M. Diamond en Afrique, Atlas Mara Ltd., depuis son introduction en bourse en 2013. Au fil du temps, les relations se sont étoffées et approfondies, les fonds communs de placement de Guggenheim et les assureurs associés à la société ayant investi dans les multiples sociétés reliées à M. Diamond.

Plus de 900 000 foyers ont été privés d'électricité au Texas l'été dernier à cause de factures impayées, soit près de trois fois plus qu'il y a 10 ans. En Californie, l'an dernier, leur nombre était de 714 000, plus que jamais. Dans l'ensemble du pays, les interruptions de service se chiffrent par millions, signe que les tensions économiques perdurent après la grande récession. Les sociétés de services publics débranchent de plus en plus de ménages parce que le président Donald Trump a décidé de mettre fin à l'aide aux Américains les plus pauvres qui coûtait 3,4 milliards $US en frais d'énergie. Le Congrès a voté en faveur d'une réinstauration du financement, mais l'administration n'a pas encore débloqué les fonds.

Europe

Les grands argentiers de la Banque centrale européenne envisagent de réduire au moins de moitié les achats d'obligations mensuels à partir de janvier et de maintenir le programme pendant au moins neuf mois encore, selon des personnes bien informées du débat. La réduction de l'assouplissement quantitatif de 60 à 30 milliards € (36 milliards $US) par mois est une option réalisable, selon ces personnes qui ont revendiqué l'anonymat parce que les délibérations sont confidentielles. Cette réduction donnerait raison aux prédictions actuelles d'économistes comme ceux d'ABN Amro Bank NV et de Bank of America Merrill Lynch.

À quelques mois seulement de la fin de la dernière aide accordée à la Grèce, les paris sont ouverts pour savoir si le pays aura besoin d'un autre coup de pouce. Les parties prenantes au sauvetage du pays ont déclaré ne pas avoir envie de s'astreindre à un autre programme assorti de conditions lorsque l'actuel prendra fin en août 2018. Épuisés par sept ans de négociations interminables de la dernière chance, Athènes et ses créanciers européens ont hâte de tourner la page. Cela dit, la Grèce doit démontrer qu'elle peut se débrouiller toute seule, tandis que les créanciers de la zone euro doivent être convaincus de pouvoir récupérer leur mise. Sur le plan politique, personne ne souhaite se lancer dans un autre programme, ni Athènes ni ses créanciers, mais l'Eurogroupe voudra tenir la Grèce en laisse pour s'assurer que les prêts seront remboursés et que son gouvernement poursuivra sa réforme, la question étant donc de savoir quelle est la meilleure façon de s'y prendre pour y arriver, a déclaré Mujtaba Rahman, directeur général d'Eurasia Group, société-conseil de Londres.

Asie

Cathay Pacific Airways Ltd. a retrouvé la confiance des investisseurs boursiers depuis que le transporteur a décidé e sabrer dans ses coûts après avoir subi sa pire perte depuis plus de vingt ans. Avoir Goldman Sachs Group Inc. comme ami ne nuit pas non plus. L'action a bondi de 6,2 pour cent cette semaine, le meilleur résultat de l'indice Hang Seng de Hong Kong, qui a peu bougé de son côté. L'action s'est appréciée après que Goldman Sachs a inscrit Cathay Pacific sur sa liste de titres de prédilection, en la qualifiant de société mal aimée et Incomprise. Les investisseurs sous-estiment la capacité de dégager des bénéfices de cette société aérienne, ont écrit les analystes de Goldman pilotés par Ben Hartwright dans un commentaire, en insistant sur l'accroissement de la demande et de l'offre.

L'auteur

Michel Doucet
Michel Doucet
Vice-président et gestionnaire de portefeuille