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Le modèle d'évaluation de la Fed

Les économistes de la Réserve fédérale des États-Unis (Fed) utilisent un modèle relativement simple pour évaluer les marchés financiers. On dit souvent que les marchés boursiers et les marchés obligataires sont des vases communicants, l’un représentant une solution de rechange pour l’autre : quand l’argent sort de l’un, il entre dans l’autre. Voilà l’hypothèse de base qui sous-tend le modèle utilisé par la Fed pour attribuer une valeur relative à ces deux marchés. Un modèle qui suppose que l’investisseur considère les actions et les obligations comme des actifs qui se livrent concurrence, car en tant que personne intelligente, logique et raisonnable, il choisira bien sûr le marché qui offre le meilleur rendement.

Pour ce faire, le modèle compare le rendement des obligations du gouvernement qui ont une échéance de dix ans avec le rendement moyen des actions, ce dernier n’étant rien de plus que le ratio cours/bénéfice inversé, c’est-à-dire le rapport bénéfice/prix.
Donc, si une obligation du gouvernement fédéral procure un rendement de 5 %, le marché boursier se trouvera en équilibre avec un multiple de 20 (1/20 = 5 % ou 1/0,05 = 20). À long terme, selon cette théorie, il ne peut y avoir d’écart permanent entre les deux marchés, et puisque la Banque centrale américaine s’en sert, plusieurs investisseurs font de même. Poursuivons avec le même exemple : si les obligations qui ont une échéance de 10 ans offrent un rendement de 5 % alors que le marché boursier, en moyenne, est évalué à un multiple de 15, on dira que le marché boursier est sous-évalué, puisqu’il offre un rendement de 6,7 % (1/15). En tant qu’être intelligent, logique et raisonnable, l’investisseur se livrerait donc à une opération d’arbitrage et vendrait ses obligations pour acheter des actions jusqu’à ce que le déséquilibre se corrige.

Dans une étude parue dans le Quarterly Review of Economics and Finance, le professeur Javier Estrada teste la validité du rapport qui existe entre le rendement des obligations et celui des actions dans vingt pays. Si le modèle de la Fed est valide, on ne devrait pas trouver d’écart de rendement significatif et persistant entre les deux marchés. On s’attendrait même à ce que la corrélation entre les deux rendements soit négative. Or, ce n’est pas la conclusion à laquelle Javier Estrada est arrivé, puisqu’il a plutôt observé une forte corrélation entre les deux rendements dans la majorité des pays.

Cet universitaire a aussi testé le modèle en tant qu’outil prévisionnel des rendements boursiers et a supposé que, lorsqu’il y a un important écart entre les deux types de rendement, la force d’attraction vers l’équilibre devrait être un outil utile pour prévoir la performance relative de ces placements. Ici encore, ses conclusions surprennent, car les résultats montrent que le modèle est un instrument prévisionnel utile dans un seul pays sur vingt : les États-Unis.

En conclusion, les marchés boursiers et les marchés obligataires constituent des solutions de rechange les uns pour les autres, mais c’est peut-être le goût du risque qui détermine les flux monétaires entre ces deux types d’investissement plutôt que l’écart de rendement relatif.

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L'auteur

Marc Desnoyers

Marc Desnoyers

B.Sc., M.B.A., C.F.A.

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