Haut de la page

Vos placements en période de turbulence : 6 règles importantes à suivre

La pandémie du coronavirus a entraîné une chute marquée des valeurs boursières. Plusieurs investisseurs voient la valeur de leurs placements connaître une baisse importante. Dans ce contexte, il importe de se rappeler les enseignements tirés des crises précédentes, notamment celle de 2008. Voici quelques éléments clés pour bien gérer ses placements en période de turbulence.

  1. Sortir des marchés en période de turbulence n'est pas une solution magique.
    En effet, l'investisseur qui sort des marchés dans une période tumultueuse n'aura fait que la moitié du travail : il aura circonscrit les pertes. Une fois qu’il en sera sorti, le réel défi sera de se décider à réinvestir pour profiter d'occasions alors que les inquiétudes seront peut-être encore plus grandes. Or, l'expérience nous montre que cela se produit rarement. La clé du rendement à long terme est le temps investi dans le marché selon son profil d'investisseur et en fonction de sa tolérance au risque, et non le temps passé sur les lignes de côté.
  2. Vendre lors d'une journée de baisse massive est à proscrire... même si, parfois, cela peut être tentant.
    De 1996 à 2015, le S&P 500 a généré un rendement annuel composé de 8,5 %. Au cours de cette période, si un investisseur avait été absent du marché pendant seulement les dix meilleures journées, il aurait perdu près de la moitié (4,5 %) de son rendement. On le sait, les meilleures journées suivent souvent les pires, et nous ne pouvons pas prévoir l'occurrence de ces dernières. Alors, après avoir subi une journée difficile... vaut mieux potentiellement se permettre de profiter des rebonds.
  3. En période de volatilité boursière, le pire ennemi est l'excès de conviction.
    Détenir 100 % en encaisse, 100 % en actions ou 100 % en obligations n'est généralement pas une bonne stratégie. Même les plus récentes fluctuations montrent l'importance de répartir ses actifs parmi diverses catégories. Certes, le plongeon des Bourses depuis la fin de février a été particulièrement brutal. Cela dit, la chute des taux d'intérêt est tout aussi surprenante et l'appréciation des obligations qui en découle atténue les pertes subies par les actions. L'encaisse est parfois la bonne option pour bien dormir à court terme, mais son rendement est généralement inférieur à l'inflation. Ainsi, un excès d'encaisse entraînera toujours l'érosion du pouvoir d'achat. Le vrai pouvoir de l'encaisse ne réside pas dans son rendement courant, mais plutôt dans la possibilité de saisir des occasions d'achat lorsqu'elles se présentent.
  4. Les corrections sont cycliques et peuvent constituer des occasions d'investissement.
    Depuis 1980, le recul maximal moyen en cours d'année (du sommet au creux) atteint tout près de 14 % pour le S&P 500. Si un tel recul n'a rien d'agréable, il représente néanmoins la normalité et non une exception. Par ailleurs, malgré des reculs parfois importants en cours d'année, dans près de 80 % des cas, les années se terminent en territoire positif.
  5. Il est difficile de prévoir la direction des marchés à court terme. Le long terme offre plus de chances de succès, surtout si vous suivez votre plan d'investissement et que vous consultez votre conseiller financier ou en placement.
    Sur des horizons plus longs, la prévision est plus simple et tend à progresser. En investissement, le temps est votre allié, pas votre ennemi. Charles Schwab, une référence dans le domaine du courtage aux États-Unis, a d'ailleurs réalisé une étude portant sur la période de 1993 à 2013. Ainsi, un investisseur qui aurait investi chaque année un même montant au pire moment aurait accumulé un montant de plus de 40 % supérieur à un autre investisseur qui se serait contenté d'investir dans des placements à capital garanti.
  6. Gardez confiance!
    En effet, l'histoire nous enseigne que les marchés boursiers haussiers sont nettement plus puissants et plus longs que les marchés baissiers. D'octobre 2007 à mars 2009 (16 mois), la chute a été brutale pour les investisseurs, alors que le S&P 500 fléchissait de 56 %. De ce niveau, le rebond est toutefois nettement plus spectaculaire. De mars 2009 jusqu'au sommet de février 2020, l'indice phare américain a généré un rendement total de 522 % dans une ascension qui aura duré près de 11 ans. Sur l'ensemble de la période, soit d'octobre 2007 à février 2020, le S&P 500 a tout de même progressé de 183 %.

L'auteur

Jean-René Ouellet

Jean-René Ouellet

Gestionnaire de portefeuille chez Desjardins Gestion de Patrimoine