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Une stratégie d'options pour un marché modérément à la hausse

Pour adopter une stratégie d’options, il faut formuler des scénarios en se questionnant sur les perspectives, dans un avenir relativement rapproché : à la hausse, à la baisse, neutre ? Étant donné qu’il y a aujourd’hui des options sur presque tous les produits cotés en Bourse, on peut se référer à un indice boursier, à un titre spécifique, à l’or, au pétrole, aux taux d’intérêt, etc.

Dans le cas d’un effondrement boursier comme celui que nous avons vécu depuis quelques mois et en supposant qu’on ait déjà touché le fonds le 6 mars dernier, la reprise prend une des trois formes du Tableau 1, comme suggéré récemment dans un article du quotidien Financial Times. Une reprise en  forme de V est celle, par exemple de 1987, après une chute du marché de 25 % en une seule journée.  Cet effondrement a pris environ deux ans pour récupérer la perte.  Une reprise en forme de U ressemble à celle de la fin  de la bulle informatique, au début de cette décennie. Une reprise en forme de L est celle dont la mémoire s’est perdue dans le temps mais que l’on retrouve dans les manuels d’histoire. L’effondrement boursier commencé en 1929 n’a permis de récupérer le haut atteint cette même année qu’en 1954 soit 25 ans plus tard.

Les formes d’un effondrement boursier et de la reprise

  • En forme de V
  • En forme de U
  • En forme de L

Plusieurs pensent que la chute des marchés qu’on vient de vivre est trop importante pour récupérer en forme de V ou de U, c’est-à-dire récupérer relativement à court terme. Leur raisonnement est le suivant : le 10 octobre 2007 l’indice Dow était à 14 226 points et 18 mois plus tard, le 6 mars 2009, il était à 6 443 : une baisse de 7 783 points, soit une perte de 55 % par rapport au sommet.  Pour revenir maintenant à 14 226 points, il faut que le Dow avance de 121 % ( = 7 783 divisé par 6 443). Si on considère que la croissance moyenne de cet indice a été de 9,7 % par année au cours des derniers 80 ans, ça prend plus que 8 ans pour récupérer toute l’ampleur de la chute. Dans ce dernier cas, on aurait une croissance des indices boursiers; mais à vitesse très modérée, par rapport aux scénarios en forme de  V ou de U.

Imaginons qu’un investisseur croit au scénario en forme de L, comme étant le plus probable. Dans ce cas, il peut appliquer une stratégie d’options dite d’écart (spread) à la hausse et la répéter périodiquement ou il pourrait utiliser des options à plus long terme.

Stratégie dans les actions - À la hausse, risqué limité et coût réduit

Situation - La société Jane (JNS) après avoir perdu 55 pourcent de sa valeur au cours des derniers mois, entrainée par la chute boursière générale,  a fermé hier à 50,47 $. (Nom fictif de société)

Perspective - À la hausse. L’investisseur prévoit que JNS rebondira de 10 % au cours des prochains trois mois ; mais il n’aime pas d’une part prendre des risques qu’ils lui semblent excessifs, ni investir un montant important.

Stratégie possible - Écart (spread) à la hausse sur JNS: achat d’une option d’achat 09jl 50 @ 5,10 et vente d’une option d’achat de JNS  09jl 54 @ 3,05. Coût de l’écart : 2,05 (205 $).

Note :« 09jl » indique le mois d’échéance des options : juillet 2009.
Les commissions ne sont pas incluses.
L’investisseur doit se renseigner pour les implications fiscales.
La stratégie est illustrée dans un but éducationnel seulement.

Tableau 2.  Profits/pertes à l’échéance des options de JNS (nom fictif de société)
Prix du titre à l’échéance des optionsValeur de l’option d’achat 09jl 50Valeur de l’option d’achat 09jl 54ÉcartProfit net (perte)
[écart – coût]
56 600 200 400 195
54 400 0 400 195
52,05 205 0 205 0
50,47 47 0 47 (158)
50 0 0 0 (205)
45 0 0 0 (205)

À l’échéance des options (17 juillet 2009)

Gain maximum: 195.00 $ @ JNS 54 ou plus haut (JNS a gagné au moins 6,99 %)
Seuil de rentabilité : JNS @ 52,05 (JNS a gagné 3,13 %)
Si le titre reste au même prix : perte de 158 $
Perte maximum : 205.00 $ @ JNS 50 ou plus bas.

En bref

Le risque est limité au montant initialement payé. Ce coût est réduit parce que la vente de l’option 09jl 54 contribue à diminuer celui de l’option 09jl 50. En échange, le profit potentiel est limité.

L'auteur

Charles K. Langford

Charles K. Langford

PhD, Fellow CSI
Charles K. Langford est président de Charles K. Langford, Inc, une firme de gestion de portefeuilles. Il enseigne la construction et la gestion de portefeuille à l'école des Sciences de la Gestion, Université du Québec (Montréal). Il est l'auteur de 14 livres sur la gestion de portefeuille, les stratégies de produits dérivés et l'analyse technique.

Jusqu'en 2007, depuis 1990, il a été vice-président de gestion des risques pour Visconti Venosta Teaspoon Approach Management, Ltd. Auparavant il a été gestionnaire de portefeuille pour Refco Futures (Canada) Ltd.

Il a reçu un baccalauréat de l'Université de Montréal, une maîtrise et le doctorat de l'Université McGill (Montréal), et il est également Fellow de CSI (Canadian Securities Institute).