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Les risques des FNB à effet de levier

Résumé

L’article décrit les principaux désavantages inhérents aux FNB à double vitesse : des instruments d’investissement fort populaires pour leur potentiel de profit; mais dont les risques sont importants. Au point que ces produits devraient être utilisés, de préférence, seulement sur une base quotidienne.

Les fonds négociés en Bourse (FNB) à effet de levier à la hausse et à la baisse (ces derniers portent aussi le nom de FNB inversés) sont appelés officiellement FNB marché à terme parce que le produit est composé à partir de produits dérivés et non de produits réels.

Un exemple de FNB traditionnel est le XIU, dont le sous-jacent est l’indice S&P/TSX60.

Un exemple de FNB marché à terme est le HXU dont un des sous-jacents est le SXF, le contrat à terme (c’est-à-dire un produit appelé dérivé) sur l’indice S&P/TSX60.

À cause de cette structure synthétique, les FNB à double vitesse présentent des risques spécifiques, totalement différents et bien plus complexes que ceux liés aux FNB traditionnels. Les désavantages peuvent être fort désagréables. Tout investisseur dans ce type d’instruments a vécu des situations semblables à celle-ci : un indice monte de 2 % en quelques mois; mais le FNB à double vitesse à la hausse recule, dans la même période, de 7 %. De façon similaire, un indice recule de 2 % en quelques mois; mais le FNB inversé à double vitesse perd 25 %, alors qu’on s’attendait, raisonnablement, à gagner.

Voici les principaux désavantages des FNB à double vitesse:

Le risque du rendement

L’investisseur achète aujourd’hui une part de FNB à double vitesse à la hausse à 100 $. L’indice sous-jacent progresse le même jour de 10 % : son placement vaut maintenant 120 $. Si le lendemain le titre sous-jacent perd 10 %, l’investisseur perd 20 % de 120 $, soit 24 $. Son compte descend à 96 $. Ceci signifie qu’à cause des fluctuations du marché l’investisseur qui garde sa position sur plusieurs séances est perdant. Pour garder le gain fait le premier jour il faut qu’il ferme sa position dans la même séance.

Le rééquilibrage quotidien

Les FNB à double vitesse se dérèglent. Ceci veut dire que la capacité de doubler le gain n’est pas permanente et constante. Une fois par jour ces instruments doivent être rééquilibrés par l’émetteur pour revenir à la double vitesse. Le rééquilibrage quotidien ne garantit pas non plus qu’au cours d’une même journée la propriété de doubler les gains restera constante.

Le risque lié au type de produit sous-jacent

L’investisseur qui choisit, par exemple, le FNB sur le gaz naturel n’est pas soumis aux mêmes risques que celui qui investit dans un indice de titres canadiens, comme le S&P/TSX60. Un ouragan dans le golfe du Mexique peut affecter le prix du pétrole, comme la sécheresse en Australie peut causer une diminution de la récolte mondiale de céréales, etc., sans que cela affecte le prix de l’indice boursier canadien.

Le risque lié à l’effet de levier

Un investisseur qui choisit des FNB marchés à terme risque de doubler les pertes.

Le risque lié aux techniques de fabrication

Les gestionnaires des FNB à double vitesse créent des produits financiers faits d’instruments dérivés. À cause de la variété et de la complexité de ces derniers, la corrélation entre la performance voulue par les gestionnaires et celle obtenue peut être souvent imparfaite.

Conclusion

Les FNB à double vitesse sont comparables à des cibles mouvantes. Pour en limiter le risque et maximiser le profit il est fortement conseillé de les utiliser uniquement sur une base quotidienne.

L'auteur

Charles K. Langford

Charles K. Langford

PhD, Fellow CSI
Charles K. Langford est président de Charles K. Langford, Inc, une firme de gestion de portefeuilles. Il enseigne la construction et la gestion de portefeuille à l'école des Sciences de la Gestion, Université du Québec (Montréal). Il est l'auteur de 14 livres sur la gestion de portefeuille, les stratégies de produits dérivés et l'analyse technique.

Jusqu'en 2007, depuis 1990, il a été vice-président de gestion des risques pour Visconti Venosta Teaspoon Approach Management, Ltd. Auparavant il a été gestionnaire de portefeuille pour Refco Futures (Canada) Ltd.

Il a reçu un baccalauréat de l'Université de Montréal, une maîtrise et le doctorat de l'Université McGill (Montréal), et il est également Fellow de CSI (Canadian Securities Institute).