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Les différents types de fonds négociés en bourse ou : des FNB pour tous les goûts !

On croit maintenant tout savoir sur les fonds négociés en Bourse (FNB) parce qu’ils existent depuis 20 ans et que leur popularité est de plus en plus grande et sans cesse grandissante. À la fin de septembre 2010, le volume hebdomadaire des transactions dans le XIU (iShares: fonds de l’indice canadien S&P/TSX 60), le FNB le plus populaire au Canada, approchait les 60 millions d’actions (ou parts) échangées, battues seulement par le HNU (Horizons BetaPro NYMEX Natural Gas Bull+ ETF), qui a bénéficié d’un volume supérieur de 10 % à celui du XIU. 

Le fait de nommer les deux FNB les plus populaires de l’heure montre toutefois que le monde des FNB a beaucoup évolué depuis ses débuts. Le premier est un FNB « indiciel » traditionnel et le second est un FNB récent de type spéculatif lié à des produits de base. Au départ, les FNB ne faisaient que reproduire de façon passive un indice de la Bourse. Ensuite, ils ont évolué et se sont diversifiés sur le plan du risque et de l’indice de référence : les actions liées aux matières premières sont devenues des produits complexes de l’ingénierie financière. Si on les compare aux fonds communs de placement (qui ne sont pas cotés en Bourse), les FNB présentent en général l’avantage d’être négociables en tout temps durant les séances de la Bourse – comme le sont les titres ordinaires – et peuvent aussi comporter des options. Un deuxième avantage, qui est surtout propre aux FNB indiciels, c’est de comporter des frais vraiment minimes par rapport aux fonds communs de placement. En effet, ces derniers doivent avoir recours aux services de gestionnaires de portefeuille, ce qui occasionne des frais de gestion importants, alors que les FNB indiciels ne font pas appel à des gestionnaires. Les frais pour gérer des fonds négociés en Bourse comme le HNU sont toutefois supérieurs à ceux des FNB indiciels, car il faut que des experts en ingénierie financière s’en occupent.

Les fonds négociés en Bourse, et surtout les FNB indiciels, présentent le désavantage d’être la réplique passive d’un indice, alors que les fonds communs de placement, qui sont gérés par des gestionnaires de portefeuille, peuvent avoir un rendement supérieur à celui d’un indice.

Les divers types de fonds négociés en Bourse

Les FNB indiciels

Ils ne font que suivre un indice de référence qui peut être un indice général, comme le S&P/TSX 60, ou des indices de secteur, comme ceux sur les aurifères, l’immobilier, les technologies, etc. 

En voici des exemples :
Claymore S&P/TSX Canadian Dividend ETF (CDZ), BMO International Equity Hedged to CAD Index ETF (ZDM) et  iShares DEX All Corporate Bond Index Fund (XCB).

Les FNB inversés

Comme leur nom l’indique, ces FNB ont une valeur qui évolue dans le sens inverse de l’indice de référence. Si ce dernier monte, le FNB baisse de façon proportionnelle à la hausse de l’indice. Si l’indice baisse, le FNB augmente dans la même mesure. Toutefois, ces FNB se comportent selon les attentes des investisseurs pendant une journée seulement. Il ne faut donc pas les garder au-delà d’une séance. En effet, pour que ces FNB évoluent de façon inverse, les ingénieurs financiers doivent utiliser des produits dérivés, comme les contrats à terme et les swaps, qui assurent une inversion fidèle au mouvement de l’indice seulement pour la journée. Ils doivent ensuite être restructurés pour le lendemain, et le FNB en ressort en quelque sorte modifié.

En voici des exemples :
Claymore Inverse 10 Yr Government Bond ETF (CIB) et Horizons BetaPro &P/TSX Capped Financials Bear+ ETF (HFD).

Les FNB spéculatifs

Ce sont les FNB à effet de levier. Pour doubler ou tripler l’évolution de l’indice de référence, les ingénieurs financiers utilisent, comme dans le cas précédent, des produits dérivés qui se dérèglent d’une séance à l’autre, de sorte que ce type de fonds n’est fiable que pour une seule séance. Si on les garde plus longtemps, il est probable que la double ou triple vitesse d’évolution prévue initialement ne se réalise jamais. Certains FNB spéculatifs sont aussi inversés.

En voici des exemples :
Horizons BetaPro MSCI Emerging Markets Bear+ ETF (HJD)  et Horizons BetaPro MSCI Emerging Markets Bull+ ETF (HJU).

Les FNB sur les produits de base

Ces FNB ont comme indice de référence l’évolution des prix de matières premières comme l’or, le pétrole, le gaz naturel, etc. ou de denrées comme les grains et le bétail. Dans la plupart des cas, la valeur de ces fonds repose sur l’évolution des prix des contrats à terme des produits de base, et non pas directement sur le prix des produits eux- mêmes. Par exemple, ils ne se basent pas sur le prix du blé comme tel, mais sur celui des contrats à terme sur le blé. Or, même si un contrat à terme évolue dans la même direction que son produit de référence, il y a parfois des différences entre le prix du produit de base de référence et celui du contrat à terme. Ces contrats à terme se négocient sur les marchés à terme de Chicago et de New York.

En voici des exemples :
iShares Gold Trust (IGT) et Horizons BetaPro Comex® Copper Bull Plus ETF (HKU).

Les FNB sur les devises

Ces fonds ont comme référence le taux de change, par exemple, entre le dollar canadien et le dollar américain. Ici aussi, la référence repose surtout sur l’évolution des contrats à terme sur les devises, et non sur le taux de change réel. Les contrats à terme de produits de référence se négocient sur les marchés à terme de Chicago.

En voici des exemples :
iPath® EUR/USD Exchange Rate ETN (ERO) et Horizons BetaPro U.S. Dollar Bear+ ETF (HDD).

Les FNB à gestion active

Ces fonds ont comme référence de base un indice ; toutefois, un gestionnaire modifiera la structure de l’indice selon qu’il croit que tel ou tel secteur du marché enregistrera de meilleurs résultats. Par exemple, si le gestionnaire croit qu’au cours des prochains mois, le secteur de l’or performera mieux que le secteur bancaire, il modifiera la pondération de ces secteurs dans l’indice. Les titres qui composent cet indice restent donc les mêmes, mais le « poids » de chacun change par rapport à la structure initiale de l’indice. Ce type de fonds comporte des frais de gestion qui seront plus élevés que ceux des FNB indiciels traditionnels.

En voici des exemples :
iShares Alternatives Complete Portfolio Builder Fund (XAL) et  Horizons AlphaPro Seasonal Rotation ETF (HAC).

Les billets négociés en Bourse (BNB)

Il s’agit de titres de créance de l’émetteur qui sont négociés en Bourse comme des FNB. Ils sont la réplique de ces titres, comme les FNB indiciels traditionnels sont la réplique d’un indice de référence. Il y a des variantes, comme les BNB inversés, spéculatifs et liés au taux de change.

En voici des exemples :
iPath ® CBOE S&P 500 BuyWrite Index ETN (BWV) et iPath® JPY/USD Exchange Rate ETN (JYN.A).

Les FNB donnés en exemple sont tous cotés à la Bourse de Toronto, où près de 200 de ces produits de différents types sont offerts. La plupart d’entre eux peuvent être à la fois spéculatifs, liés à des produits de base, liés à des devises et inversés. Il faut connaître les caractéristiques individuelles de chacun avant de les négocier.

L'auteur

Charles K. Langford

Charles K. Langford

PhD, Fellow CSI
Charles K. Langford est président de Charles K. Langford, Inc, une firme de gestion de portefeuilles. Il enseigne la construction et la gestion de portefeuille à l'école des Sciences de la Gestion, Université du Québec (Montréal). Il est l'auteur de 14 livres sur la gestion de portefeuille, les stratégies de produits dérivés et l'analyse technique.

Jusqu'en 2007, depuis 1990, il a été vice-président de gestion des risques pour Visconti Venosta Teaspoon Approach Management, Ltd. Auparavant il a été gestionnaire de portefeuille pour Refco Futures (Canada) Ltd.

Il a reçu un baccalauréat de l'Université de Montréal, une maîtrise et le doctorat de l'Université McGill (Montréal), et il est également Fellow de CSI (Canadian Securities Institute).