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Les chandeliers japonais

Résumé

Les chandeliers japonais font ressortir la relation entre le prix à l’ouverture et à la fermeture de chaque « chandelle ». Un ensemble de chandelles donne une configuration significative, à considérer dans le contexte global du marché. Chacune de ces configurations souligne les sommets et les creux des tendances, peu importe la période temps qu’elles représentent : 5 minutes, une heure, un jour, etc. Dans cet article, nous aborderons les différents types de chandelles.

Tout comme dans les graphiques à barres, dans les graphiques à chandeliers japonais chaque période se traduit par une unité. Dans un graphique à chandeliers japonais, cette unité se nomme la chandelle. La Figure 1 illustre comment une période est identifiée dans un graphique à barres.

Figure 1 – Une barre dans un graphique à barres

Chaque chandelle a ses propres caractéristiques, représentées par la distance entre le haut, le bas, l’ouverture et la fermeture de la période. Les Figures 2 et 3 en donnent un exemple.

Figure 2 – Une chandelle à la baisse
Figure 3 – Une chandelle à la hausse

On note que la différence entre les barres et les chandelles se situe dans le « corps » ou le rectangle construit entre l’ouverture et la fermeture.

Les techniques pour tracer les graphiques à chandeliers japonais sont donc les mêmes que celles employées pour les graphiques à barres : configurations, lignes de tendance, supports et résistances, lignes de canal, et tout autre technique typique d’interprétation des graphiques. Et comme dans les graphiques à barres, l’interprétation est efficace, peu importe la période de temps : cinq minutes, une (1) heure ou une séance.

Une chandelle n’est pas analysée seule. Pour voir s’il y a une configuration spécifique, on doit considérer un ensemble de chandelles (il existe une soixantaine de configurations possible) et la configuration doit être examinée dans le contexte plus général du marché.

Une chandelle est formée d’un « corps » et d’une « ombre ». Le corps est représenté par le rectangle tracé entre l’ouverture et la fermeture. Il est foncé ou coloré si le prix à l’ouverture est plus élevé que celui à la fermeture (la couleur peut varier d’un logiciel à l’autre). Quand l’ouverture est inférieure à la fermeture, le corps est sans couleur ou blanc. L’« ombre » est la partie qui excède le rectangle, au-dessus et au-dessous du corps.

Une chandelle ne nous dit pas si le haut ou le bas a été plus haut ou plus bas que la période précédente. Elle nous indique seulement la relation entre l’ouverture et la fermeture pour une même période.

La chandelle met l’accent sur le corps, c’est-à-dire sur le comportement à la fermeture par rapport à l’ouverture. L’ombre est moins importante.

Il y a différents types de chandelles, voyons ici les principaux :

Figure 4 – Le marteau

Dans cette figure, il n’y a pas d’ombre supérieure et l’ombre inférieure est au moins le double du corps. Que le corps soit coloré ou incolore importe peu ici.

Le marteau a lieu fréquemment vers la fin ou à la fin d’une baisse. Il change de nom pour l’homme pendu quand il apparaît près de la fin ou à la fin d’une tendance à la hausse.

Figure 5 – L’étoile

Cette figure apparaît près du sommet ou au sommet d’une tendance et indique l’imminence d’un renversement de direction. La logique est que le prix, après l’ouverture, monte; mais incapable de soutenir la hausse, il revient finalement au niveau où il était à l’ouverture. C’est une indication claire d’affaiblissement de la tendance à la hausse.

Si cette figure apparaît dans le bas du marché, elle indique qu’on est près de la fin ou à la fin d’une baisse. Dans ce cas, son nom change pour devenir marteau renversé. Cette figure est plus indicative de la fin de la tendance à la baisse quand elle est suivie d’une chandelle incolore dont l’ouverture se trouve au-dessus du corps du marteau renversé. Le corps du marteau peut être incolore ou foncé : ceci n’a pas d’importance.

Figure 6 – La toupie

Cette figure est formée d’un petit corps et d’une ombre courte. Elle indique qu’il existe une lutte entre les acheteurs et les vendeurs comme si les deux groupes se plaçaient aux extrémités d’une corde et que chacun tirait de son côté. Cette figure indique l’équilibre entre les deux parties.

Figure 7 – Les dojis

Dojis en japonais signifie indécision. Il existe quatre variantes de base de cette figure caractérisée par une ombre courte et un corps inexistant (parce que l’ouverture et la fermeture sont au même prix). Les dojis indiquent un changement de tendance surtout à la fin d’une hausse, après une chandelle incolore (la fermeture au-dessus de l’ouverture). C’est une figure utile aussi pour indiquer un bas du marché; mais habituellement dans ce cas cette figure doit être accompagnée d’autres signaux.

  1. Première variante
  2. Deuxième variante
  3. Troisième variante
  4. Quatrième variante

Dans la Figure 7, la première variante porte le nom de doji. La deuxième variante est la pierre tombale. La troisième variante se nomme libellule et la quatrième rickshaw (carrosse utilisé en Asie comme moyen de transport urbain, où le conducteur est à pied). Ces noms imaginatifs et exotiques sont typiques de l’univers des chandeliers japonais.

Figure 8 – L’étoile du soir

On retrouve ici un premier exemple de configuration. Elle indique un sommet. Elle est formée de trois chandelles. La chandelle de gauche a un long corps incolore. Elle est suivie d’une chandelle dont le corps est petit et bien au-dessus de la fermeture de la chandelle précédente. Cette deuxième chandelle peut aussi être un doji. La troisième chandelle a un corps foncé (la fermeture est inférieure à l’ouverture) et la fermeture se trouve bien à l’intérieur du corps de la première chandelle.

L’étoile du soir n’est qu’une configuration possible parmi la soixantaine de configurations existantes. Dans le prochain article, nous passerons en revue les principales configurations des chandeliers japonais.

L'auteur

Charles K. Langford

Charles K. Langford

PhD, Fellow CSI
Charles K. Langford est président de Charles K. Langford, Inc, une firme de gestion de portefeuilles. Il enseigne la construction et la gestion de portefeuille à l'école des Sciences de la Gestion, Université du Québec (Montréal). Il est l'auteur de 14 livres sur la gestion de portefeuille, les stratégies de produits dérivés et l'analyse technique.

Jusqu'en 2007, depuis 1990, il a été vice-président de gestion des risques pour Visconti Venosta Teaspoon Approach Management, Ltd. Auparavant il a été gestionnaire de portefeuille pour Refco Futures (Canada) Ltd.

Il a reçu un baccalauréat de l'Université de Montréal, une maîtrise et le doctorat de l'Université McGill (Montréal), et il est également Fellow de CSI (Canadian Securities Institute).