Haut de la page

Le parabolique SAR

Résumé

Le Parabolique SAR de Wilder est un très bon outil d’analyse technique capable de montrer de façon impartiale si la tendance, même à très court terme, est à la hausse ou à la baisse. Il peut être utilisé comme un ordre quotidien de vente stop. Il se prête à la méthode SAR permettant à l’investisseur de profiter aussi bien des tendances à la hausse que celles à la baisse. Il peut être utilisé dans le cadre de négociation sur séance (day trading).

Préambule

Le Parabolique est un outil d’analyse technique connu du public depuis 1978 suite à la parution du livre New Concepts in Technical Trading Systems écrit par l’américain Welles Wilder. Dans ce livre, Wilder décrivait plusieurs outils nouveaux à l’époque : le Relative Strength Index (ou RSI), le Directional Movement Index (ou DMI) et le Parabolic SAR. Le livre présentait aussi d’autres outils, dont un sur la volatilité, mais les trois instruments cités plus haut sont les plus connus.

À quoi sert le Parabolique

Un exemple de Parabolique est donné dans le Graphique 1 de XIU (l’indice S&P/TSX60 sous la forme de fonds négocié en bourse). 

Graphique 1 -Le Fonds négocié en bourse XIU (l’indice S&P/TSX60) avec le Parabolique SAR.

On note deux types de séries de points sur le graphique : des séries inférieures et des séries supérieures aux prix :

  • Quand une série de points est inférieure aux prix, la tendance du titre est à la hausse.
  • Quand une série de points est supérieure aux prix, la tendance du titre est à la baisse.

La première utilité du Parabolique est d’agir comme un marqueur de tendance. Il est mécaniquement impartial; il agit comme une alerte indiquant que le titre pourrait changer définitivement de tendance.

Sa deuxième utilité est la raison même de son existence :

  1. Quand une série de points inférieure aux prix du titre se termine en laissant place à une série de points plus hauts que les prix du titre, ce moment indique que le prix a baissé pour atteindre le niveau du prix du Parabolique.
    1. L’investisseur vend à ce prix sa position à la hausse
    2. Et, éventuellement, il entre à nouveau dans le marché, en effectuant une vente à découvert à ce même prix, afin de profiter de la baisse probable.
  2. Quand une série de points supérieure aux prix du titre se termine en laissant place à une série de points plus bas que les prix du titre, ce moment indique que le prix a monté pour atteindre le niveau du prix du Parabolique.
    1. L’investisseur rachète à ce prix sa position de vente à découvert
    2. Et, éventuellement, il prend une position à la hausse, à ce même prix, pour profiter de la hausse probable.

La troisième utilité du Parabolique est qu’il peut être employé comme un outil suggérant mécaniquement le prix auquel on peut mettre fin à une position dans le marché. Prenons le Graphique 2 :

  1. Dans la première semaine de janvier 2010, le titre commence à baisser après avoir atteint un sommet à environ 73,50$. Si un investisseur avait vendu à découvert le titre près de ce sommet, il aurait par la suite pu racheté le titre à 63,50$ (le point B dans le graphique). Il s’agit en fait du moment où la série de points plus hauts que le prix cède sa place à la série de points plus bas que ceux-ci. Dans ce cas, le point B se révèle être une indicateur efficace.
  2. Dans la première semaine de février 2010, le titre commence à monter. Après avoir atteint un sommet à environ 74,50$, il commence à décliner. Au point C, à environ 72,00$, la série de points plus bas que le prix cède sa place à la série de points plus hauts que les prix. Ici aussi, le Parabolique se révèle être un bon indicateur de sortie.
  3. À noter qu’on aurait pu prendre notre position à la hausse, au prix de sortie de l’énoncé du point a. Ceci est un exemple de mise en pratique du point 2b (voir plus haut).
  4. Le défaut du Parabolique. À la mi-octobre 2009, on aurait pu vendre à découvert le titre au début de la baisse, après le sommet à environ 60,00$. Après deux semaines, le prix a atteint son plus bas niveau à environ 50,00$. Si on avait attendu que le Parabolique nous donne un signal de sortie du marché (c’est-à-dire rachat du titre ou fin de la position à découvert) on aurait eu le signal à environ 56,00$, au point A. Dans ce cas, le Parabolique nous aurait donné un signal de sortie fort décevant parce que situé à 6,00$ plus haut que le plus bas prix et seulement à 4,00$ du sommet de la mi-octobre.

Si on compare le comportement des signaux du Parabolique aux points A, B et C, on constate que quand le prix atteint un bas et crée une congestion autour de ce bas (la zone encerclée B), ou quand le prix atteint un sommet et crée une congestion autour de ce sommet (la zone encerclée C), les signaux de sortie du marché sont bons parce que ils sont donnés en proximité, respectivement, du bas et du sommet de la tendance. À l’opposé, dans la zone encerclée A, on constate que le signal de sortie est décidemment médiocre parce que le prix, après avoir atteint son bas à environ 50,00$, remonte rapidement, sans faire une congestion autour du bas.

Il y a donc une grande corrélation entre la qualité du signal et l’ampleur des congestions autour des sommets et des bas du prix :

Plus grande est la congestion, meilleur est le signal du Parabolique.
Graphique 2 - Le titre AGU avec le Parabolique.

Les règles d’utilisation du Parabolique s’appliquent aussi à la négociation sur séance (day trading) en utilisant par exemple des périodes de cinq minutes. Le Graphique 3 en est un exemple. On notera que, aussi dans ce cas, les constations précédentes s’appliquent : l’ovale D montre une congestion de plusieurs périodes de cinq minutes. Le signal de vente à découvert est donné près du sommet, à l’ouverture de vendredi (à environ 27,80$). Par contre, le signal Parabolique de sortie de cette position est à environ 26,60$, un prix défavorable par rapport au prix le plus bas ayant atteint environ 25,90$, peu avant 11h00. On notera que dans l’ovale E, il n’y a pas de congestion autour du bas ce qui explique la médiocrité du signal, comme expliqué plus haut, au point e).

Graphique 3 – Red Back Mining Inc. à 5 minutes avec le Parabolique.

Comment le Parabolique est construit

Avant de parler du Parabolique, un mot sur l’acronyme SAR, qui signifie Stop and Reverse. SAR est toujours cité en parlant du Parabolique; mais en réalité le sigle indique une méthode de négociation qui s’applique à plusieurs instruments de l’analyse technique. En effet, un investisseur a trois choix de méthode de négociation des titres:

  • En cas de hausse, il peut décider d’entrer dans le marché en achetant des actions pour ensuite les vendre. Il profite donc seulement des fluctuations de prix à la hausse.
  • En cas de baisse il peut décider d’entrer dans le marché en vendant à découvert des actions pour ensuite les racheter. Dans ce cas, il profite seulement des fluctuations de prix à la baisse.
  • Mettre en pratique les deux méthodes précédentes, pour profiter d’un marché à la hausse comme d’un marché à la baisse.

Cette dernière méthode est celle qui porte le nom SAR. Par exemple, un investisseur commence par acheter 100 actions d’ABC (un sigle de compagnie fictive) au moment d’un signal technique à la hausse. Quand le signal devient à la baisse, il vend 200 actions de ABC, dont 100 qui servent à fermer les positions achetées précédemment et 100 autres qui représentent une vente à découvert (short en anglais). Lorsque le marché donne à nouveau un signal de hausse, l’investisseur achète 200 actions de ABC, dont 100 servent à fermer la position de vente à découvert et les autres 100 représentent un achat afin de profiter de la hausse à venir. Ainsi, d’un signal à l’autre, l’investisseur est toujours présent dans le marché, avec une position acheteur ou vendeur à découvert. Ceci lui permet de tirer profit des fluctuations à la hausse et à la baisse des marchés. Cette méthode s’applique à plusieurs autres outils d’analyse technique, comme par exemple, le croisement de deux moyennes mobiles, le DMI, le Momentum, etc.

Pour décrire le Parabolique, il est pratique d’utiliser le Schéma 1 et de présenter la formule, comme Wilder la présenta dans son livre en 1978.

Schéma 1 – Le graphique d’un titre à la hausse. Chaque barre indique un jour de bourse.

L’axe horizontal du Schéma 1 montre une série de jours de bourse et l’axe vertical montre une série de prix d’un titre fictif. Le schéma présente une série de barres dans une tendance à la hausse, débutant au jour un. Chaque barre indique le cours des prix d’une journée : le plus haut et le plus bas prix d’une journée se trouvent aux extrémités de chaque barre. Le prix le plus bas de la tendance à la hausse est 50$ (jour un). La formule de départ du Parabolique est la suivante :

SAR5 = SAR4 + AF (H4 – SAR4)

AF est le facteur d’accélération (Acceleration Factor en anglais). Sa valeur numérique, dans la version classique du Parabolique, est de 0,02 dans la formule de départ du calcul. Pour le calcul du SAR de la journée cinq, il sera 0,02. À chaque journée successive il augmente de 0,02. Ainsi, à la journée six, l’AF sera 0,04 et à la journée sept, il sera 0,06. L’AF arrête d’augmenter quand il atteint 0,20, soit l’équivalent de dix journées à la hausse à partir du début des calculs. Selon les logiciels utilisés, l’investisseur peut modifier l’AF à sa guise (utiliser une valeur plus grande ou plus petite) s’il le juge opportun, en fonction par exemple, de la volatilité du titre. Les chiffres 4 et 5 dans « SAR » et « H »  indiquent respectivement la quatrième et la cinquième journée.   La formule de départ se lit de la façon suivante :

Le prix du signal SAR de la journée cinq est égal à celui de la journée quatre plus la différence entre le haut de la journée quatre (H4) et le SAR de la journée quatre (SAR4)  multipliée par l’AF.

À noter que le calcul du Parabolique commence avec le quatrième jour. Le SAR de la journée quatre (SAR4)  n’est pas le fruit d’un calcul, il est tout simplement le prix le plus bas du début de la tendance à la hausse. Dans notre schéma c’est 50$, soit le prix le plus bas de la journée un. À noter que les signaux SAR dans une tendance à la hausse représentent des prix de sortie d’une position à la hausse, quand le prix tombe au prix SAR.

En appliquant les données numériques, à l’aide du Schéma 1, le calcul du SAR5 devient :

SAR5 = 50,05$ = 50.00 + 0,02 x (52,50 – 50.00)

Le SAR6 sera le fruit de la formule suivante :

SAR6 = SAR5 + AF (H5 – SAR5)

C’est-à-dire :

SAR6 = 50,17$ = 50,05 + 0,04 x (53,00 – 50,05)

Et ainsi de suite pour les journées suivantes. On obtient, jours après jour, des prix qui graphiquement donnent une série de points, comme indiqué au Schéma 1, en dessous des prix du titre. L’exemple numérique montré ici et au Schéma 1 concernent une tendance à la hausse. En cas de tendance à la baisse, la formule est réajustée et les points obtenus seront au dessus des prix du titre.

L'auteur

Charles K. Langford

Charles K. Langford

PhD, Fellow CSI
Charles K. Langford est président de Charles K. Langford, Inc, une firme de gestion de portefeuilles. Il enseigne la construction et la gestion de portefeuille à l'école des Sciences de la Gestion, Université du Québec (Montréal). Il est l'auteur de 14 livres sur la gestion de portefeuille, les stratégies de produits dérivés et l'analyse technique.

Jusqu'en 2007, depuis 1990, il a été vice-président de gestion des risques pour Visconti Venosta Teaspoon Approach Management, Ltd. Auparavant il a été gestionnaire de portefeuille pour Refco Futures (Canada) Ltd.

Il a reçu un baccalauréat de l'Université de Montréal, une maîtrise et le doctorat de l'Université McGill (Montréal), et il est également Fellow de CSI (Canadian Securities Institute).