Haut de la page
Tous les articles

L'indicateur MACD

Résumé

Le MACD (Moving Average Converge Divergence) est un indicateur précieux, avec plusieurs aspects intéressants. Dans cet article on montre comment il est construit et comment il est capable de dépister les moments de changement d’une tendance, permettant d’acheter et de vendre plus avantageusement (et aussi plus fréquemment) qu’avec la méthode des deux moyennes mobiles.

Dans le graphique 1 on voit deux moyennes mobiles: une courte à 7 périodes (EMA7) et une longue à 27 périodes (EMA27). La moyenne courte est toujours très près des prix du titre et elle bouge presque en même temps que les prix, alors que la moyenne longue est logiquement plus lente à réagir. On sait que quand les deux moyennes se croisent on a un signal : un signal d’achat au moment que la EMA7 traverse à la hausse la EMA27 (voir dans le graphique 1 « Signal d’achat »); un signal de vente quand la EMA7 traverse à la baisse la EMA27 (« Signal de vente » dans le graphique 1). Le graphique montre plusieurs de ces signaux; mais j’en ai juste indiqué deux, à titre d’exemplenote de bas de page 1.

Graphique 1 - Le titre Potash Corp – EMA7, 27.

La méthode des deux EMA est montrée dans le schéma 1.

Schéma 1 -La méthode du croisement des deux moyennes : EMA7 et EMA27.

L’avantage d’utiliser la méthode du croisement des deux moyennes mobiles est d’acheter et de vendre un titre quand la nouvelle tendance est déjà née. C’est donc la méthode la plus, conservatrice, sécuritaire qui existe. Toutefois, en regardant le graphique 1, on s’aperçoit aussi du désavantage de cette méthode: le signal est parfois loin du début de la tendance. Ainsi on constate que le signal d’achat illustré est environ à 102$ alors que le bas le plus récent par rapport à ce signal est à environ 96$ : une perte d’opportunité de 6$. Le signal de vente arrive à 123$ alors que le sommet le plus près du signal de vente est à 132$ : une autre perte d’opportunité de 9$.

C’est tolérable cette fois si on pense que l’investisseur a quand-même acheté à 102$ et vendu à 123$: un gain de 21$ sur un investissement de 102$, en moins de deux mois. Il reste qu’on aimerait toujours acheter à un prix plus bas et vendre à un prix plus élevé, si la tendance les offre.. La méthode qui permet souvent de réaliser ceci s’appelle MACD (Moving Average Converge Divergence). L’évidence sur laquelle se base cet indicateur est la suivante :

Quand la distance entre la EMA7 et la EMA27 augmente, la tendance des prix est solide et continue dans sa direction. Quand la distance entre la EMA7 et la EMA27 diminue, la tendance des prix est en train de s’affaiblir en créant des reculs et des congestions.

C’est ce qu’on constate en regardant le graphique 1 : après que les EMA7 et 27 se sont croisées pour donner le signal d’achat illustré, la distance entre les deux moyennes augmente parce que la tendance est fortement à la hausse. Ensuite, le prix arrête de monter pour créer une ample congestion entre 122$ et 132$. On constate alors que les deux moyennes s’approchent, à tel point qu’elles finissent dans ce cas pour se croiser en offrant un signal de vente.

Pour montrer plus clairement les principes qu’on vient de décrire, on peut procéder avec un artifice, illustré dans le schéma 2.

Schéma 2 – Une autre façon de présenter les EMA7 et EMA27.

Dans le schéma 2 on montre la EMA27; mais cette fois est une ligne horizontale. Autour d’elle évolue la EMA7. Ce qu’on a fait a consisté à « extraire » la EMA 27 du graphique 1 pour en faire une ligne horizontale. On a ensuite « extrait » du graphique 1 la EMA7 et on l’a placée autour de la EMA27 : les points où la EMA7 croise à la baisse la EMA27 sont des signaux de vente, comme dans le graphique 1. Les points où la EMA7 croise à la hausse la EMA27 sont des signaux d’achat, comme dans le graphique 1. Le schéma 1 est donc une façon différente de montrer le jeu des signaux entre la EMA et la EMA27. Ceci nous permet de passer au schéma 3, où on commence à entrevoir ce que le MACD peut nous offrir.

Une deuxième façon de calculer l’A/D est la suivante :

Schéma 3 – La différence variable entre la EMA 7 et la EMA27.

On y voit le cycle ABC: la différence entre la EMA 7 augmente (A), ensuite elle se stabilise (B) et finalement elle diminue (C). Ce qui est important à noter est que quand on passe de la phase B à la phase C, la tendance des prix est à un sommet ou à un bas. L’indicateur MACD veut cueillir le moment dans lequel la phase B devient la phase C. Pour obtenir ces signaux on crée une troisième EMA: une moyenne de la série des différences entre la EMA7 et la EMA27. Cette moyenne est dans le graphique 2 une EMA7 et on l’appelle MACD. On obtient alors les règles suivantes illustrées dans le schéma 4:

Schéma 4 – Le MACD
On a un signal d’achat quand la EMA7 traverse à la hausse la MACD et un signal de vente quand la EMA7 traverse à la baisse la MACD

Le graphique 2 pointe seulement quelques uns des signaux offerts ici par le MACD. Le lecteur n’aura pas de difficulté à dépister d’autres signaux dans le même graphique. Ce qu’il faut noter est que le MACD donne des signaux plus fréquents que la méthode des EMA, parce qu’il indique non seulement les points tournants des tendances principales; mais aussi ceux des fluctuations mineures à l’intérieur d’une même tendance principale.

Graphique 2 – Le titre Potash Corp avec les EMA7, 27 et dans la partie inférieure du graphique avec le MACD7,27,7.

Le MACD est plein d’autres facettes intéressantes à explorer. Ce sera l’objet d’un prochain article sur cet indicateur.


  1. EMA signifie « Exponential Moving Average ». Sa caractéristique principale et celle de donner plus d'importance, plus de poids au plus récent prix d'une série; alors que le plus ancien prix de la série a une importance négligeable. Ainsi, dans une EMA27, sur 27 fermetures, la plus récente, la 27ième, compte plus que la plus éloignée, la première des 27. Ceci est très différent de ce qui se passe quand on utilise les SMA (Simple Moving Averages). Dans ces dernières, chaque prix, le plus récent, comme le plus éloigné, à la même importance dans la moyenne. Les EMA sont considérées plus fiables que les SMA.
Tous les articles

L'auteur

Charles K. Langford

Charles K. Langford

PhD, Fellow CSI

Charles K. Langford

Charles K. Langford est président de Charles K. Langford, Inc, une firme de gestion de portefeuilles. Il enseigne la construction et la gestion de portefeuille à l'école des Sciences de la Gestion, Université du Québec (Montréal). Il est l'auteur de 14 livres sur la gestion de portefeuille, les stratégies de produits dérivés et l'analyse technique.

Jusqu'en 2007, depuis 1990, il a été vice-président de gestion des risques pour Visconti Venosta Teaspoon Approach Management, Ltd. Auparavant il a été gestionnaire de portefeuille pour Refco Futures (Canada) Ltd.

Il a reçu un baccalauréat de l'Université de Montréal, une maîtrise et le doctorat de l'Université McGill (Montréal), et il est également Fellow de CSI (Canadian Securities Institute).

Ces articles sont transmis uniquement à titre de renseignement. Les placements doivent être sélectionnés en fonction des objectifs de chaque investisseur. Desjardins Courtage en ligne n'émet aucune recommandation quant à un produit, à la pertinence ou à la valeur potentielle d'un placement donné, ou à une stratégie spécifique. Les opinions émises dans les articles sont celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement la position officielle de Desjardins Courtage en ligne.