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Uni-Sélect Inc.

Benoit Poirier, CFA, MBA, analyste

  • L'acquisition de Parts Alliance procure une excellente plateforme en vue de poursuivre la croissance de la société et diversifier ses activités.
  • Uni-Sélect propose un rendement des flux de trésorerie disponibles impressionnant et un dividende régulier bien étayé qui se traduit par un rendement en espèces de 1,4 % à l'heure actuelle.
  • La valorisation de la société s'avère attrayante actuellement, compte tenu d'un potentiel haussier de 37 % par rapport à notre cours cible.

Établie à Boucherville, la société Uni-Sélect inc. joue un rôle de premier plan dans la distribution de peintures, de pièces et d'équipement destinés à l'industrie de la carrosserie automobile en Amérique du Nord. Uni-Sélect est le premier distributeur de pièces de rechange en importance au Canada. L'acquisition de Parts Alliance (chef de file au Royaume-Uni en ce qui a trait à la distribution de pièces de rechange pour automobiles) pour 265 M$ US procure une excellente plateforme de croissance au sein d'une nouvelle zone géographique permettant de belles occasions de consolidation; de fait, le Royaume-Uni est un marché parmi les plus fragmentés de l'Europe. En Amérique du Nord, Uni-Sélect dessert plus de 1 155 grossistes de pièces de rechange indépendants et possède plus de 275 magasins corporatifs, tandis qu'elle exploite un total de 171 magasins corporatifs en Angleterre.

En ce qui a trait aux perspectives de l'industrie, l'arrivée d'Amazon dans le marché des pièces de rechange pour automobiles au moyen de sa plateforme de commerce électronique aux États-Unis crée de l'incertitude entourant une éventuelle compression des prix dans l'industrie et une perte des parts de marché (le rendement moyen des entreprises comparables en Amérique du Nord a été de -14 % depuis le début de l'année). Cela dit, par rapport à ses pairs du domaine, Uni-Sélect profite d'un bon positionnement contre la venue d'un nouveau joueur dans ses tranchées, et ce, en vertu de sa forte exposition au marché des installateurs professionnels (do it for me ou DIFM) (93 %), un secteur dans lequel Amazon ne sera sans doute pas capable de concurrencer avec les détaillants DIFM à court terme. Les ressources physiques pour fournir les garages sont trop considérables et les réparations doivent être faites dans un intervalle de 30 minutes. En outre, le secteur DIFM est appellé à faire mieux que celui des ventes aux consommateurs (do it yourself ou DIY) sous l'effet du vieillissement de la population et de la complexification des réparations automobiles.

Le titre boursier d'Uni-Sélect accuse une baisse de 25 % par rapport à son sommet des 52 dernières semaines, notamment à la suite de la publication de résultats inférieurs aux attentes pour le 3e trimestre de 2017 le 8 novembre dernier, qui ont subi le contrecoup d'un effet saisonnier imprévu sur les marges de Parts Alliance et d'une croissance organique inférieure aux attentes dans le secteur de la peinture. À notre avis, la baisse du cours de l'action est exagérée, du fait qu'on peut s'attendre à ce que la croissance du secteur de la peinture se redresse en 2018 (nous tablons sur 2,5 % actuellement) et que la direction demeure confiante à l'égard de sa capacité de générer des marges du BAIIA de 7,5 % chez Parts Alliance en 2018 (nous prévoyons 6,7 %). Entretemps, la croissance d'Uni-Sélect devrait être alimentée par des acquisitions de petite taille, un facteur clé de création de valeur.

Les activités d'exploitation actuelles d'Uni-Sélect devraient continuer de dégager des flux de trésorerie disponibles (FTD) considérables qui pourraient s'élever à 92,5 M$ US en 2017 et se traduire par un attrayant rendement de 10,3 % des FTD. La société devrait donc être en en mesure de poursuivre l'allègement de son endettement au bilan, ce qui par le fait même lui procurerait de la marge de manœuvre pour procéder à d'autres acquisitions de petite taille.

Le dividende trimestriel de 0,0925 $ CA que verse actuellement la société équivaut à un rendement en espèces de 1,4 %. Compte tenu des perspectives relativement décentes qui s'offrent à la société et de son solide profil de flux de trésorerie disponibles, nous estimons que la direction sera à même de majorer le dividende au cours de l'année.

Au chapitre de l'évaluation, l'action d'Uni-Sélect nous paraît sous-évaluée. Au moment d'écrire ces lignes, elle se négocie à un multiple équivalant à 17,1x notre estimation de BPA ajusté pour 2018 et à un multiple Valeur d'entreprise/BAIIA 2017 de 11,4x selon nos estimations pour 2018, soit en deçà des multiples moyens pour les sociétés comparables de 21,0x et 12,1x, respectivement. À noter également, les comparables américains du marché secondaire de l'automobile ont mieux fait que l'ensemble du marché boursier depuis le début de l'année en raison des récentes températures glaciales, l'un des principaux moteurs d'activité de l'industrie des pièces de remplacement. En dépit de l'enthousiasme marqué du marché pour cette industrie, Uni-Sélect a offert un rendement boursier considérablement inférieur à celui de ses comparables depuis l'amorce de l'année. À notre avis, un tel écart n'est pas justifié, car la société s'avère aussi grandement exposée à des régions fortement touchées par les basses températures hivernales. Par conséquent, nous avons récemment relevé notre recommandation pour l'action d'Uni-Sélect à celle de Titre favori-Risque moyen avec un cours cible de 37 $ CA, qui représente une moyenne de trois méthodes d'évaluation.

L'auteur

Benoit Poirier

Benoit Poirier

CFA, MBA, Analyste