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Groupe Aecon inc.

Benoit Poirier, CFA, MBA, analyste

  • Le carnet de commandes record de la société devrait soutenir ses activités.
  • Le rejet de l'offre d'acquisition présentée par la société d'État chinoise CCCI constitue une belle occasion pour les investisseurs à long terme d'acheter les actions d'Aecon.
  • Solidement soutenu par le bénéfice, le dividende régulier que verse la société se traduit par un rendement en dividendes de 3,2 %.

Le Groupe Aecon inc. fournit des services de construction et d'aménagement d'infrastructures à sa clientèle des secteurs privé et public, au Canada comme à l'étranger. La société compte trois secteurs d'activité, soit le secteur industriel (62 % des revenus des douze derniers mois, au 1er trimestre de 2018 (1T18), les infrastructures (35 %) et les concessions (3 %).

Le 23 mai dernier, le gouvernement canadien a bloqué la prise de contrôle d'Aecon par la société d'État chinoise (CCCI), qui avait offert 20,37 $ CA l'action pour mettre la main sur le constructeur canadien. Dans la foulée de cette décision, Aecon affirme ne plus s'intéresser activement au processus de vente de l'entreprise, tandis qu'elle se penche désormais sur la bonne exécution des projets récemment décrochés et la recherche pour pourvoir le poste de chef de la direction.

Depuis l'annonce de l'offre d'achat, Aecon a remporté des contrats clés qui portent le total de son carnet de commandes à 4,6 G$ CA en date du 1T18. En tenant compte des plus récents contrats décrochés (REM de Montréal (1,2 G$ CA), transport léger sur rail Finch West (400 M$ CA)), nous estimons que ce total dépasserait 6,2 G$ CA aujourd'hui, chiffre grandement supérieur au record précédent (4,9 G$ CA) enregistré au 2T16. En outre, Aecon est présentement en lice pour la réalisation de nombreux projets d'infrastructure de grande envergure (d'une valeur totale d'environ 8 G$ CA) devant être octroyés au Canada en 2018 et au-delà. Par ailleurs, d'autres projets d'infrastructure potentiels, aujourd'hui à l'étape de l'appel de qualification ou de prédémarrage, constituent d'importants catalyseurs de développement pour la société (revenus potentiels de l'ordre de 20 G$ CA). À noter, le cours boursier d'Aecon affiche une solide corrélation de 63 % avec le carnet de commandes. C'est ce qui nous fait dire que le découplage récent entre l'évolution du cours boursier et le carnet de commandes record de la société constitue un point d'entrée intéressant pour les investisseurs à long terme.

Mis à part les occasions liées aux infrastructures, notons également une éventuelle expansion de la marge à long terme (marge actuelle de 5,4 % du BAIIA des douze derniers mois, comparativement à une moyenne de 7,0 % pour les entrepreneurs américains), une solide croissance des revenus récurrents (+12 % au 1T18 par rapport au trimestre de l'exercice précédent), ainsi que de nombreuses occasions de croissance dans le domaine du nucléaire (particulièrement la centrale nucléaire Bruce Power), de l'énergie (essentiellement pour la construction de pipelines), des télécommunications, du gaz et de la distribution de l'énergie.

Au 31 mars 2018, Aecon présentait un faible niveau d'endettement au bilan (nous prévoyons que la société sera libre de dettes vers la fin de 2018), ce qui lui permettra de saisir de nouvelles occasions de développement moyennant le déploiement de capital. À court terme, la société accordera une priorité à la croissance organique en s'impliquant comme partenaire, grâce à différentes filiales, dans la réalisation de projets avant-gardistes de grande envergure (par ex., projets de type PPP). Entretemps, Aecon nous semble bien positionnée pour accroître son dividende, en dépit du fait que son titre offre un rendement en dividendes de 3,2 % à l'heure actuelle.

Sur la base des estimations consensuelles pour l'exercice 2018, l'action d'Aecon se négocie à un multiple VE/BAIIA relativement attrayant de 5,6x, ce qui est nettement en deçà des valorisations moyennes des cinq et dix dernières années (de 8,0x et 7,9x, respectivement). Ainsi, nous sommes d'avis que la société demeure une cible potentielle pour une prise de contrôle.

L'auteur

Benoit Poirier

Benoit Poirier

CFA, MBA, Analyste