Haut de la page

Bombardier Inc.

Benoit Poirier, CFA, MBA, analyste

  • La nouvelle équipe de direction assure une solide exécution depuis la mise en place du plan de redressement quinquennal en 2015.
  • La réussite du partenariat avec Airbus pourrait engendrer une valeur allant jusqu'à 2,5 G$ US.
  • Bombardier Transport continue d'être un vecteur de croissance clé. De fait, les facteurs fondamentaux de l'industrie qui demeurent solides sont de bon augure pour le carnet de commandes et l'expansion de la marge.

Bombardier est un leader mondial de la fabrication d'avions (47 % de ses revenus en 2017) et de trains (53 %). Sa division Aéronautique fabrique des avions d'affaires (les biréacteurs Learjet, Challenger et Global) et des avions commerciaux (C Series, Q400 et CRJ), tandis que sa division Transport offre une gamme complète de solutions pour l'industrie ferroviaire, notamment des véhicules sur rail, des systèmes de propulsion et de contrôle, des bogies, des services d'entretien, ainsi que des systèmes de transport et des solutions de contrôle ferroviaire. La société compte 66 000 employés dans le monde entier.

En octobre 2017, Bombardier a fait l'annonce de la signature d'un accord en vertu duquel Airbus fournira son expertise en matière d'achats, de ventes, de marketing et de soutien à la clientèle en échange d'un participation de 50,01 % dans la Société en commandite Avions C Series. Grâce à ce partenariat, la direction de Bombardier prévoit doubler la valeur du programme C Series dans la foulée d'une importante réduction anticipée des coûts de production. On peut également s'attendre à une augmentation des parts de marché et du nombre de livraisons. Étape clé dans l'éventuel succès du programme, la conclusion de ce partenariat avec Airbus devrait être réalisée au cours du 2e trimestre de 2018.

Du côté des avions d'affaires, la direction a réaffirmé sa prévision de mise en service du programme Global 7000 dans la deuxième moitié de 2018, lequel programme compte plus de 1 800 heures de vol à son actif. La gamme Global génère les meilleures marges au sein du portefeuille d'avions de Bombardier et, de ce fait, elle ne cesse de constituer un important facteur de croissance en vue de l'atteinte des prévisions de la direction pour 2018. Les perspectives fondamentales de l'industrie pointent également dans la bonne direction : d'une part, l'utilisation des biréacteurs d'affaires est à la hausse aux États-Unis et en Europe, d'autre part, le stock d'avions d'occasion se situe à son plus bas niveau depuis 2007.

Nous demeurons satisfaits de la performance de Bombardier Transport. Elle est attribuable à la bonne tenue des paramètres fondamentaux de l'industrie (ratio de nouvelles commandes sur livraisons de 1,0x au 1er trimestre de 2018), à son carnet de commandes bien garni (35,7 G$ US) et à la réalisation de résultats d'exploitation exceptionnels (marge du BAII de 8,2 % au 1er trimestre de 2018, comparativement à 6,1 % deux ans auparavant). La société vise une marge du BAII de 9,0 %+ en 2020, cible que nous estimons atteignable. En outre, Bombardier aura l'occasion de racheter, dès février 2019, la participation que la Caisse de dépôt et placement du Québec détient dans cette division. À notre avis, la reprise du contrôle opérationnel et financier est susceptible d'être un facteur clé de création de valeur, si bien qu'un tel dénouement constitue une des meilleures occasions en matière de déploiement de capital.

Le niveau d'endettement de Bombardier demeure élevé. En revanche, la direction aiguille l'entreprise sur une trajectoire clairement définie en vue de générer des flux de trésorerie disponibles. À ce chapitre, la société a continuellement surpassé les attentes. La direction estime que les flux de trésorerie disponibles atteindront le point d'équilibre en 2018 et se situeront en territoire positif par la suite.

Notre cours cible de 4,75 $ CA repose sur une moyenne de quatre méthodes d'évaluation. Au cours actuel, l'action de Bombardier demeure intéressante, puisqu'elle se négocie à un multiple Valeur d'entreprise/BAIIA de 8,5x en fonction de nos estimations pour 2018, soit en deçà de la moyenne de 9,4x obtenue par les entreprises comparables. Nous ne cessons de penser que le potentiel à la hausse s'avère considérable pour les actionnaires orientés à plus long terme (autour de 6,50 $ CA l'action, selon nos estimations), si la société parvient à atteindre ses objectifs pour 2020.

L'auteur

Benoit Poirier

Benoit Poirier

CFA, MBA, Analyste