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Année 2017 : un tournant pour les conditions économiques?

  • Tout au long de 2016, l’incertitude a été grande et plusieurs événements perturbateurs sont survenus, comme la victoire du Brexit au Royaume-Uni et l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis. L’année 2016 devrait se solder par une croissance économique assez modeste dans la plupart des régions du monde.
  • L’année 2017 comportera aussi son lot d’incertitudes, que ce soit en raison des élections dans plusieurs pays d’Europe, du retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne ou de la mise en place du programme électoral de Donald Trump. Les conditions économiques devraient néanmoins s’améliorer au cours de l’année, en particulier aux États-Unis, au Canada et dans la plupart des provinces.
  • Aux États-Unis, la victoire de Donald Trump ne semble pas avoir nui au regain de confiance des Américains. Les politiques qui seront vraisemblablement mises en place par la nouvelle administration devraient entraîner une croissance économique plus rapide en 2017, même si la hausse des taux d’intérêt et l’appréciation de la valeur du billet vert limiteront ce rebond. L’introduction de politiques moins propices à l’économie, comme une accentuation du protectionnisme, pourrait freiner la progression du PIB réel en 2018.
  • Au Canada, la stabilisation du secteur de l’énergie et les effets positifs du plan de relance du gouvernement fédéral devraient ouvrir la voie à une croissance économique un peu plus forte en 2017 et en 2018. Plusieurs vents contraires continueront toutefois de nuire à l’économie canadienne, comme le ralentissement attendu du marché de l’habitation dans plusieurs régions du pays et les incertitudes concernant l’avenir de l’ALENA.
  • Au Québec, les conditions économiques se sont améliorées récemment et des résultats plus positifs s’accumulent, notamment dans le marché du travail. Dans ces conditions, la croissance économique pour l’année 2016 sera un peu plus élevée que prévu initialement. Par contre, la prudence s’impose et plusieurs embûches entravent encore l’économie québécoise, comme la progression anémique des investissements des entreprises. Ainsi, la croissance attendue pour les prochaines années n’est guère plus élevée que celle que nous prévoyons pour 2016.
  • Dans les autres provinces, les disparités régionales observées au cours des dernières années pourraient s’atténuer en 2017 et en 2018. D’un côté, l’Alberta, la Saskatchewan et Terre-Neuve-et-Labrador bénéficieront de la stabilisation du secteur de l’énergie. De l’autre, les championnes de la croissance des dernières années, soit l’Ontario et la Colombie-Britannique, pourraient être particulièrement affectées par le ralentissement attendu du marché de l’habitation.
  • La Réserve fédérale américaine (Fed) devrait continuer à hausser graduellement ses taux d’intérêt directeurs au cours des prochains trimestres, ce qui permettra aux taux obligataires de poursuivre leur mouvement à la hausse. À l’opposé, les autres banques centrales voudront maintenir des politiques monétaires des plus accommodantes. Le huard a été particulièrement robuste depuis l’élection américaine. Il a profité de la remontée des cours pétroliers, mais aussi du fait que les investisseurs semblent commencer à croire que la Banque du Canada pourrait imiter la Fed et relever ses taux directeurs en 2017. À notre avis, ces attentes sont prématurées, et nous misons toujours sur un statu quo des taux directeurs canadiens jusqu’à l’automne 2018 et sur une tendance baissière pour le dollar canadien.
États-Unis
L’humeur des ménages s’améliore
BXE.TO (hebdomadaire)
Québec
Le marché du travail a bien performé au cours des derniers mois
FCU.TO (hebdomadaire)

L'auteur

Benoit P. Durocher

Benoit P. Durocher

Économiste principal
Benoit Durocher est économiste principal aux Études économiques de Desjardins. Il est responsable du suivi de la conjoncture économique canadienne et effectue les analyses ainsi que les prévisions concernant le Canada, l’Ontario et la plupart des autres provinces. Il est auteur de plusieurs recherches et participe à la rédaction de nombreuses publications produites par les Études économiques de Desjardins. Il détient une maîtrise en sciences économiques de l'Université de Montréal.