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Les cinq pièges à éviter quand on investit en Bourse

Investir à la Bourse, ce n’est pas un jeu d’enfant. Il y a des pièges émotionnels qui peuvent vous frapper de plein fouet et vous porter à commettre des erreurs d’investissement. Même avec mon bagage, je suis déjà aussi tombée dans l’un de ces pièges. On est des humains! Voici cinq de ces pièges et comment ne plus tomber dedans.

1. L’illusion de connaissance

Je me rappelle un client avec une certaine expérience à la Bourse qui m’avait demandé de lui acheter une action parce que le cours était à son plus bas et que l’action montait et descendait toujours dans la même fourchette de prix. Il me dit : « Elle est à son plus bas, je l’ai observée pendant deux ans et, selon son comportement, c’est sûr que je vais faire de l’argent. » Sa réflexion m’a tellement surprise que je lui ai dit : « Ben voyons donc, si c’était aussi facile que ça investir en Bourse, tout le monde ferait de l’argent! »

Et puis cet autre client à qui mes recommandations avaient permis d’obtenir un rendement de 40 % sur un an. C’était en 1999. C’était une année facile pour avoir de bons rendements.

Les bons rendements de ce client lui ont soudainement donné l’impression qu’il était invincible. Il était convaincu qu’il réussirait à l’infini. Il a commencé à faire des choix d’actions discutables (pour moi, mais pas pour lui) et finalement, son histoire s’est terminée abruptement avec la sévère correction de l’an 2000. On atteint ce point d’illusion de connaissance quand les marchés vont bien, qu’on a connu un certain succès et qu’on a observé longtemps le marché.

Je pourrais vous en parler longuement, mais le point important à retenir est que nous ne serons jamais assez informés. Il faut se rappeler que la Bourse, c’est comme les règles de français, il y a toujours des exceptions! La Bourse aura toujours un comportement imprévisible… à un moment inattendu.

2. L’espoir mal fondé

Eh non, l’espoir n’est pas une sorte de placement! Quand on investit en Bourse, on investit bien sûr avec espoir, sinon on ne ferait rien. Je vous parle d’espoir irréaliste. Vous avez une action qui a fortement descendu et ne remonte pas après plusieurs années, et la seule raison pour laquelle vous la conservez est l’espoir qu’elle remontera un jour, l’espoir que ce soit un futur Apple… par exemple. Si l’action a fortement descendu, c’est qu’il y a une raison. Sans compter les rumeurs… J’ai souvent entendu ceci : « Mon beau-frère a un ami et le cousin de cet ami connaît le président d’une compagnie très prometteuse. Même Barack Obama a investi là-dedans. » Et tout à coup, l’espoir vient de vous frapper de plein fouet, cette fois-ci, c’est la bonne! Mmm… C’est simplement de la tromperie.

3. Le conseil du beau-frère

On rêve tous d’avoir le succès de notre beau-frère. Il est chanceux, lui. Tout ce qu’il touche se transforme en or. Du moins, c’est ce qu’il vous dit… Personne n’ira se vanter d’avoir perdu avec un investissement, y compris votre beau-frère. L’herbe est toujours plus verte sur le terrain des autres, ne l’oubliez pas. Le danger avec la théorie du beau-frère est qu’on voudrait que son succès devienne le nôtre, ce qui pourrait nous pousser à prendre des décisions d’investissement trop risquées pour notre capacité.

4. Tomber en amour avec un placement

Vous savez, une action, ce n’est pas une personne. Alors, de grâce, ne tombez pas en amour. Laissez-moi vous raconter une histoire. J’avais une cliente qui avait des actions de Bombardier depuis plus de 25 ans. Ce qu’il faut savoir avec Bombardier, c’est que dans les années 90, tous ceux qui investissaient dans Bombardier étaient pas mal assurés de faire de l’argent. Ça allait juste bien. Bien des gens sont devenus millionnaires temporairement avec Bombardier.

Cette belle histoire a pris fin en 2001. De son sommet de 26 $ à ce moment-là, l’action n’a fait que descendre. Je recommandais à ma cliente depuis un certain temps de vendre ses actions de Bombardier, car elles ne cadraient pas avec son profil d’investisseur. Elle avait toujours espoir que ça reviendrait comme avant. Après avoir tenté de la convaincre plusieurs fois, elle a fini par les vendre. Le lendemain, elle me rappelle pour me demander de les racheter, en me disant : « Je ne suis pas capable de divorcer de Bombardier. » On dit que l’amour rend aveugle, et tomber en amour avec une action nous empêche de voir si notre action a un rhume… ou une maladie incurable.

5. La peur du regret

Vous vous êtes acheté une action dans le but de la revendre une fois qu’elle aura atteint une certaine croissance. Et ce jour arrive. Et là vous hésitez. Si vous la vendez, il est possible qu’elle monte encore et vous pourriez manquer un gain encore plus important. Et si vous conserviez l’action? Allez-vous tomber en amour avec ou vivrez-vous d’espoir un jour parce qu’elle aura descendu?

Vendre ses actions est la chose la plus difficile à faire. Il faut accepter la possibilité de manquer un gain, mais vous serez heureux si un jour cette action descend et que vous n’en êtes plus propriétaire.

Conclusion

En investissement, le plus important, ce ne sont pas les produits, mais la stratégie. Vous devez avoir une stratégie d’investissement et vous y tenir, peu importe le comportement des marchés. Par exemple, si votre stratégie est la suivante :

  • 60 % de vos avoirs investis en actions;
  • 40 % de vos avoirs investis en revenu fixe (partie sécuritaire du portefeuille).

La Bourse va bien et vous aimeriez en profiter davantage. Vous décidez d’augmenter vos avoirs investis en actions à 75 % pour un an. Si dans les 12 mois suivant votre changement de stratégie, il y a une correction boursière, vous allez regretter amèrement votre décision.

Peu importe la stratégie que vous choisirez, vous devez être à l’aise avec et vous y tenir. Il n’y a pas de règle magique en Bourse.

Le fait de tenir à votre stratégie vous évitera de tomber dans les pièges dont je viens de vous parler et vous en sortirez gagnant à long terme.

L'auteur

Barbara  Demers

Barbara Demers

Spécialiste en éducation financière, Hardbacon