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l'Express DisnatDirect
Juin 2008


Il nous fait plaisir de vous diffuser trois articles rédigés par M. Charles K. Langford, PhD, et professeur en gestion de portefeuille à l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal. Monsieur Langford a d’ailleurs écrit plusieurs livres sur le sujet. Le premier article, publié ce mois-ci, traite d’une méthode d’investissement par approche mécanique. Les deux prochains bulletins DisnatDirect exposeront l’approche préconisée par M. Langford, afin de tirer profit des fonds négociés en Bourse de la deuxième génération. Bonne lecture et bon été!


Investir avec l’approche mécanique par Charles K. Langford, PhD  

VIX est le symbole d’un indice qui mesure l’incertitude des marchés: il s’appelle Chicago Board Options Exchange Volatility Index. Il montre la volatilité implicite des options dont les sous-jacents sont les titres qui composent l’indice S&P500.
Plus la volatilité des options est grande, plus l’indice est élevé. Plus grand est le VIX plus grande est l’incertitude des investisseurs et la turbulence des titres sous-jacents aux options. Voici le graphique de cet indice sur quatre ans, de mai 2004 à avril 2008.

Graphique 1 – Le comportement de la volatilité implicite (VIX) entre 2004 et 2008.


 

On note que de la fin de 2004 au début de 2007, sauf quelques exceptions épisodiques, en moyenne cet indice de volatilité se situe entre 10 % et 15 %.

Graphique 2 – L’indice américain S&P 500 de 2004 à 2008.


En comparant le graphique du VIX avec celui de l’indice S&P500 pour la même période on constate que si la volatilité se maintient entre 10 % et 15 % l’indice S&P500 montre une véritable tendance, dans ce cas à la hausse. Entre la fin de 2004 et le début de 2007, l’indice a progressé d’environ 40 % en lui permettant de passer de 1 100 points à environ 1 500 points.
On peut dire qu’il y a la même relation entre le VIX et, par exemple, l’indice canadien S&P/TSX60.  Il suffit de jeter un coup d’œil au graphique de cet indice pour s’apercevoir que dans la période entre la fin de 2004 et le début de 2007 on a une tendance à la hausse significative: l’indice passe d’environ 500  à 800 points, une progression de 60 %.

Graphique 3 – L’indice canadien S&P/TSX60 de 2004 à 2008.


On constate aussi qu’à partir du début de 2007 le VIX augmente, reflétant une anxiété nouvelle et profonde des marchés : on quitte décidemment le territoire de la fourchette moyenne 10 % - 15 % pour atteindre des niveaux historiquement exceptionnels de deux à trois fois plus élevés que la moyenne précédente. Parallèlement, en analysant les graphiques de l’indice américain et canadien, on s’aperçoit que le marché est devenu fortement congestionné, dont la fourchette, aux extrêmes, est d’environ 300 points pour le S&P500 et de 150 points dans le S&P/TSX60. C’est donc à partir du début de 2007, en même temps que le VIX, que le marché change d’humeur et devient erratique. Comment en tant que investisseurs, on peut l’approcher?
Depuis une soixantaine d’années il existe dans le monde académique de la finance une hypothèse dite de l’efficience des marchés, dont un aspect s’appelle forme semi-forte; un autre, forme forte et un troisième, forme faible.

Selon la première forme, le prix d’une action incorpore toute l’information publique possible, tels les états financiers, les prévisions d’analystes financiers, etc. Selon la deuxième forme, le prix escompte toute information possible publique, comme dans le cas précédent; mais aussi l’information privée (par exemple les connaissances privilégiées des dirigeants de l’entreprise). Contrairement aux deux précédentes formes, l’hypothèse de l’efficience des marchés au sens faible soutient que les prix suivent un cheminement aléatoire et en conséquence le comportement passé des prix n’offre aucune information sur le comportement présent et à venir des prix.
Si on applique ces définitions aux graphiques des indices de marché on pourrait dire que les formes dites semi-forte et forte reflètent le comportement du prix dans une tendance de bourse clairement définissable, comme, par exemple, celle à la hausse entre la fin de 2004 et le début de 2007. Il y a consensus dans une large majorité des investisseurs sur la direction des prix.

Mais, depuis le début de 2007, la tendance à la hausse parait arrivée pour le moment à son apogée et le comportement de prix devient erratique, avec des amples mouvements à la baisse comme à la hausse, dans une grande manifestation d’incertitude. Ces mouvements reflètent le fait que les investisseurs sont désorientés et ils sont incapables de trouver l’équilibre entre croire aux nouvelles économiques qui semblent catastrophiques et l’espoir que ces nouvelles soient exagérées. Déjà c’était arrivé- se souviennent les vieux investisseurs – que la vision des experts avait été terriblement sombre, alors que les problèmes annoncés étaient disparus peu après sans conséquences. Il y a dix ans le monde de la finance avait eu les frissons: les nouvelles annonçaient un désastre mondial à cause de la contamination provenant de la crise des taux d’intérêt en Asie et du crack qui avait fait trembler les banques centrales, celui du gigantesque et jusque-là prestigieux fonds de couverture qui s’appelait Long Term Capital Management. Finalement quelques mois plustard on avait dû constater que les craintes d’une crise mondiale étaient largement infondées et que la plupart des analystes n’avaient pas su mettre les mauvaises nouvelles dans une perspective plus circonstancielle.

Dans l’avalanche de nouvelles - parfois exprimées dans un langage insaisissable - qui dure depuis août dernier sur la crise de confiance dans l’économie et la finance, on vit une grande anxiété: l’avenir sera meilleur ou pire? « Les pires maux sont ceux qui n’arrivent jamais », avait dit Samuel Johnson. Sûrement, dans ces conditions, participer au marché est un défi beaucoup plus grand que si on avait la certitude des faits.
On pourrait définir la situation actuelle comme un cas typique de l’hypothèse de l’efficience des marchés au sens faible : le comportement des prix est aléatoire.

Ici, les seules stratégies possibles sont celles dites mécaniques, dans lesquelles on exclut tout raisonnement, parce qu’on est confus, incapables de décider sur quand et comment agir. Une de ces stratégies, la plus connue et la plus ancienne, se traduit par un achat périodique avec un même montant ou Dollar-cost averaging » (DCA). Tout simplement cette stratégie consiste à investir le même montant à intervalles de temps réguliers, peu importe où se situe le prix. S, au moment d’acheter, le prix est bas, on obtiendra nécessairement plus d’actions que si le prix est élevé. C’est donc une stratégie pour des périodes de congestion, à volatilité élevée.
Voici un exemple. Un investisseur dispose de 9 000 $ qu’il aimerait placer dans le titre ABC (un symbole fictif), initialement à 25 $ l’action. Dans notre diagramme, au cours des mois, le titre va fluctuer entre un bas de 10 $ et un haut de 40 $.

Ils s’offrent à l’investisseur deux stratégies: investir le plein montant en achetant maintenant 360 actions de ABC à 25 $ et attendre; ou investir initialement 1 000 $ en achetant 40 actions et laisser le restant de la somme dans son compte. Ensuite à chaque période  - par exemple une fois par mois, ou par deux semaines, ou par trois mois - investir un autre 1 000 $ dans le même titre. En total ça prendra neuf périodes. 

    Diagramme - Un exemple de la stratégie Dollar-cost averaging (DCA)

Résumé de l’exemple
                   


Période

Actions achetées

Profit/Perte par rapport au prix final de 25 $

1

40

0

2

25

(375)

3

40

0

4

100

1 500

5

40

0

6

25

(375)

7

40

0

8

100

1 500

9

40

0

Total

435

2 250 $

Dans notre exemple, les avantages de la stratégie sont deux: si l’investisseur avait dépensé la totalité du capital en une seule fois, il aurait acheté 360 actions à 25 $ et, arrivé à la période 9, il n’aurait réalisé ni gains ni pertes. En appliquant la stratégie DCA, il aurait acheté plus d’actions avec le même capital - 435 actions contre 360 – et en plus il aurait réalisé un profit très gratifiant.
Toujours dans notre exemple, les désavantages sont négligeables : moins de dividendes et, dépendamment de la structure du compte, plus de commissions. Mais le capital non dépensé peut rapporter des intérêts.
Pour les investisseurs qui aimeraient adopter systématiquement, en toute circonstance, la stratégie DCA, les limites sont deux: dans un marché à la hausse son rendement est, intuitivement, inférieur à celui d’un investissement initial en entier du capital. Les titres candidats à la stratégie sont de préférence seulement ceux dont le ratio Cours/Bénéfice est élevé relativement à leur secteur, parce que le potentiel de croissance semble pour le moment compromis et, peut-être, pourrait se révéler même négatif. Il faut savoir choisir le titre et fixer d’avance la fréquence et l’intervalle de l’investissement.
Notre exemple a montré qu’on pouvait acheter plus d’actions que dans le cas d’un investissement unique. Ce ne sera pas le cas dans un marché constamment à la hausse.

Il y a un avantage psychologique dans la stratégie: on est souvent résistants à investir un montant important d’un seul coup dans un titre : subdiviser l’investissement en plusieurs fractions est plus facile à accepter. En pratique nous ne disposons pas toujours de l’entière somme qu’on aimerait investir. C’est le cas, par exemple, dans un compte REÉR, où les contributions sont périodiques. Dans ce cas, la stratégie DCA est à prendre en considération même en dehors des moments de haute volatilité.

DisnatU Pour en connaître davantage sur les FNB, consultez notre centre d'éducation DisnatUniversité, portant sur ce sujet, au www.DisnatU.com/FNB

Avis au lecteur : le présent bulletin est transmis uniquement à titre de renseignement. Les placements doivent être sélectionnés en fonction des objectifs de chaque investisseur. Disnat n'émet aucune recommandation quant à un produit, à la pertinence ou à la valeur potentielle d'un placement donné, ou à une stratégie spécifique. La forme masculine est utilisée pour alléger le texte.

Les opinions émises dans les articles signés sont celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement la position officielle de Disnat.

DisnatDirect est un produit de Disnat. Disnat est une division de Valeurs mobilières Desjardins. Valeurs mobilières Desjardins est membre du Fonds canadien de protection des épargnants (FCPE). Pour plus d'informations visitez : www.disnatdirect.com

 


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